vendredi 1 avril 2016

Interview de Luisa Gallerini, l'aventurière des Lettres

Vous aimez l’Aventure avec un grand A ? les Dieux égyptiens ? les sagas historiques ? les histoires d’Amour toujours avec un grand A, mais pas tout à fait comme les autres ? les énigmes à décrypter ? les chasses au trésor ? les voyages à l’autre bout du monde ? la magie et les miracles ? les paradoxes scientifiques ? Avec La Momie de Pâques, soyez prêts à vivre, vous aussi, LA grande aventure romanesque du printemps 2016 ! A l’occasion de la sortie de son premier roman, rencontre avec Luisa Gallerini, une auteure à suivre.

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Bonus : Le saviez-vous ? Passionnée d’Egypte antique, Luisa Gallerini s’est lancée dans l’apprentissage des hiéroglyphes pour s’immerger le plus profondément possible dans la civilisation égyptienne.

La Momie de Pâques, une aventure à la croisée des religions

« Chère Luisa Gallerini, vous êtes un peu l'Indiana Jones des écrivains! » (Amélie Nothomb)

Comment avez-vous eu l’idée d’écrire votre roman La Momie de Pâques?
Un jour, dans la section égyptienne du Louvre, je suis tombée par hasard sur une étrange statuette d’Isis en bronze. Elle représentait la célèbre magicienne, assise, avec dans ses bras son fils Horus. Cette statuette m’a immédiatement semblé familière alors que je la voyais pour la première fois. Pourquoi ?... Mais oui ! Elle me rappelait ces innombrables représentations de la Vierge à l’Enfant ! Elle datait de la Basse Epoque, soit quelques siècles avant Jésus-Christ, mais la ressemblance était tellement flagrante que j’en restais bouche bée. Les jours suivants, je me suis renseignée sur les origines du christianisme, puis j’ai comparé le fruit de mes recherches aux croyances égyptiennes. Les points communs entre les deux religions ne manquaient pas, et l’un d’eux était particulièrement troublant : la résurrection du Christ d’un côté, la renaissance d’Osiris de l’autre. Le secret de la vie éternelle se cachait-il entre les lignes de ces deux mythes fondateurs ? La tentation était trop grande : chercher, creuser, raconter, vivre une grande aventure et la partager… Il fallait que j’écrive ce roman.

Parlez-nous du titre choisi, La Momie de Pâques.
A Pâques, les Chrétiens célèbrent la résurrection de leur prophète, Jésus-Christ; Dans l’Egypte antique, on fêtait la renaissance d’Osiris, la plus célèbre des momies. Si le titre du livre mélange ces deux grands miracles religieux, ce n’est pas un hasard : la véritable chasse au trésor de l’aventure, c’est bien sûr la quête de la vie éternelle.

Si vous deviez résumer La Momie de Pâques en 3 mots clés...
Aventure, Egypte et… Eternité ?

En un mot ?
Trinité.

Concernant la phase d’écriture, qu'est-ce qui vous a semblé le plus difficile ?
Chasser les anachronismes.

Le plus facile ?
Construire les énigmes que Marie décrypte dans sa chasse aux manuscrits perdus.

Depuis que votre roman est publié, qu’est-ce qui vous a fait le plus plaisir ?
Les premiers retours de mes proches. Quand ma mère, qui lit peu souvent, m’a annoncé qu’elle était plongée dans La Momie de Pâques, et qu’elle ne lâchait plus mon livre, cela m’a autant surprise qu’émue. Je n’oublierai pas non plus cette lettre d’Amélie Nothomb, dans laquelle elle écrit : « Chère Luisa Gallerini, vous êtes un peu l'Indiana Jones des écrivains! ».

La Momie de Pâques, de l’aventure romanesque à l’aventure sentimentale

« Sortir des sentiers battus était terriblement tentant ! »

Dans quel genre littéraire s’inscrit La Momie de Pâques ?
La Momie de Pâques est à la croisée des chemins, puisque c’est à la fois un roman d’aventure, un roman historique et un roman fantastique.
Un roman d’aventure par l’intrigue à rebondissements, les énigmes à résoudre, le déchiffrage de prophéties millénaires, le périlleux voyage de la jeune égyptologue à travers l’Afrique du Nord, les chasses aux trésors (manuscrits cachés, antiquités égyptiennes, vie éternelle…) et les chasses à l’homme (Marie est poursuivie, la jeune égyptologue aussi), les secrets jalousement gardés ou encore les complots de différents organes de pouvoir.
Un roman historique par l’époque où se déroulent les fouilles en Egypte (la rédaction du carnet de voyage intégré au roman a nécessité la lecture d’une multitude de récits de voyage d'Européens (égyptologues, épouses d’ambassadeurs et de scientifiques, prêtres, malades exilés pour des raisons de santé, exploratrices avant-gardistes…) ayant vécu au 19ème siècle), et par les pièces et faits réels sur lesquels l’histoire est bâtie : les documents cités existent réellement (rituels funéraires, prophéties antiques, livres de Calvin, Bible et évangiles apocryphes…), à l’image des événements historiques qui ponctuent l’histoire.
Un roman fantastique, enfin, par le glissement progressif du réel au surnaturel : dans La Momie de Pâques, on parle de miracles religieux, d’huile miraculeuse, de formules magiques invoquées par des prêtres égyptiens, du pouvoir des pierres ou encore d’immortalité.

Au 19ème siècle, la jeune égyptologue tombe amoureuse d’une femme. Pourquoi ce choix ?
Pourquoi pas ? A cette époque, les femmes devaient parfois se déguiser en homme pour accéder à certaines fonctions, pour réaliser leurs rêves, et bien sûr, pour bénéficier de nombreux avantages dans la société. Prenez Rosa Bonheur par exemple, la célèbre peintre animalière. Pour se rendre dans les foires aux bestiaux, elle devait demander à la préfecture de Paris une permission de travestissement.
Mais revenons à notre héroïne. Quand elle décide de se travestir, c’est pour faciliter son travail, accéder à des lieux interdits aux femmes, et accessoirement, tromper l’ennemi en changeant d’identité. Mais à partir du moment où la jeune aventurière change d’apparence, tout devient possible… Sortir des sentiers battus était terriblement tentant ! Dans la peau d’un homme, il est tout à fait logique qu’elle attire une autre femme ; et l’inverse aurait été tout aussi subversif (rires) ! Dans Le Moine, Lewis exploite d’ailleurs à merveille cette ambiguïté des genres.

Avez-vous une anecdote à partager avec nous ?
Le passage où un couple de touristes libertins, pensant être seul, improvise une séance photo à Rome est inspiré d’un fait réel… jusqu’à la religieuse qui grimpe les marches d’Espagne au mauvais moment (rires) !

Luisa Gallerini, du nom de plume à l’extrafiction

« La Momie de Pâques n’est pas un roman qui se lit,
c’est un roman qui se vit »

Si vous ne pouviez amener qu'un seul livre sur une île déserte, lequel choisiriez-vous ?
La Recherche de Proust, sans aucune hésitation !

Vous souvenez-vous de votre premier émoi littéraire?
Peut-être Le portrait de Dorian Gray, d’Oscar Wilde

Quels sont vos autres grands coups de foudre littéraires ?
La Recherche de Proust (bien sûr), mais aussi les romans et nouvelles d’Henry James, la saga Harry Potter de J. K. Rowling, Dracula de Bram Stocker, Orgueil et Préjugés de Jane Austen, Adolphe de Benjamin Constant, L’Amant de Marguerite Duras, Caresser le velours de Sarah Waters, Le Pendule de Foucault d’Umberto Eco, MiddleMarch de George Eliot, Orlando de Virginia Woolf, La Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb, La Divine Comédie de Dante, Les Rougon-Macquart de Zola, Anna Karénine de Tolstoï, Le Maître et Marguerite de Boulgakov, L’Idiot de Dostoïevski, Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier… Et tant d’autres livres !

Pourquoi avoir choisi Luisa Gallerini comme nom de plume ?
Luisa Gallerini est l’un des personnages clés du roman. Si j’ai choisi son nom comme pseudonyme, c’est avant tout par conviction. Pour moi, c’est une façon de prendre le contre-pied de l’autofiction, cette tendance actuelle qui souvent, je l’avoue, m’ennuie profondément. Luisa Gallerini n’est pas à mon image ; elle est purement fictive. Et c’est grâce elle, comme à tous mes personnages, que j’acquière une légitimé auprès de mes lecteurs. Ce n’est pas l’inverse ; ce n’est pas parce que je suis célèbre, que les gens me connaissent déjà (et veulent me connaître encore plus !), que mon personnage, donc mon livre, doit être digne d’intérêt.

A ce sujet, vous avez inventé le terme d’« extrafiction »; pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, bien sûr. Pour moi, l’autofiction nourrit la fiction de faits réels; à l’inverse, l’extrafiction nourrit la réalité de faits imaginaires. C’est également pour cette raison que j’ai choisi, dans mon roman, d’imbriquer autant de faits historiques et fictifs. Le lecteur ne doit pas être un simple spectateur ; La Momie de Pâques n’est pas un roman qui se lit, c’est un roman qui se vit. En ouvrant les perspectives de lecture et d’écriture, je propose une réalité alternative, une forme de réalité augmentée finalement. Mon vœu le plus cher ? Que mes lecteurs retrouvent leur âme d’enfant au fil des pages, leur instinct d’explorateurs, leur soif de découverte, et surtout, leur curiosité naturelle.

Luisa Gallerini, une tempête de sable dans le désert

« La Momie de Pâques est le premier volume d’une trilogie, l’aventure ne fait donc que commencer ! »

Quelles sont pour vous les règles d’or d’un écrivain ?
Lire, lire et toujours lire.
Laisser libre court à son imagination.
Ne jamais abandonner, persévérer.
Ecrire, réécrire, corriger, remodeler, couper, greffer, organiser, étoffer.
Faire preuve d’empathie.

Si La Momie de Pâques était un souvenir d'enfance, ce serait ?
La statuette d’un Dieu Inca que j’avais récupérée, petite, dans un Pif gadget ; le virus de la chasse au trésor vient sans doute de là, et l’envie de partir au Mexique sur la trace des Incas aussi!

Et une peur ?
La peur de la mort.

Un phénomène naturel ?
Une tempête de sable.

Une invention ?
La photographie.

Un proverbe ?
L'habit ne fait pas le moine.

Une histoire d’amour ?
Roméo et Juliette.

Que pensez-vous de l’univers des Lettres, aujourd'hui, et des mutations en cours ?
Le monde des livres est en crise ; après être passée de la pierre au papier, l’écriture se dématérialise. Cette révolution est énorme, notre génération vit un bouleversement colossal avec l’avènement d’Internet, et la numérisation de l’art (qu’il s’agisse de musique, de littérature, de graphisme…). Les maisons d’édition sont en pleine mutation. La presse écrite cherche un nouveau modèle économique. Les auteurs, affranchis des éditeurs, sont de plus en plus nombreux tandis que les lecteurs, pris dans l’engrenage de l’image toute puissante, se raréfient. Et pourtant, avec nos moyens de communication actuels, le lectorat potentiel est infini !

Quels sont vos projets ?
Une édition illustrée de La Momie de Pâques sortira cet été (en version numérique et brochée).

Un scoop pour La Toile de Pandore ?
Ah oui !... Je réfléchis à une suite (rires). La Momie de Pâques est le premier volume d’une trilogie, ayant la vie éternelle comme fil conducteur. L’aventure ne fait donc que commencer !


Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Que Luc Besson adapte La Momie de Pâques au cinéma ! Cela ferait un film formidable !

Un message pour terminer ?
N’hésitez pas à me faire part de vos impressions, à partager votre aventure en tant que lecteur. La Momie de Pâques est une aventure collective, communiquons !

Interview réalisée le 29 mars 2016 par Magalie Puente


Copyright Photos : Luisa Gallerini


Retrouvez Luisa Gallerini sur le web : sur le blog de La Momie de Pâques, sur facebook et sur Twitter.

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Le dernier roman de Luisa Gallerini
La Momie de Pâques, Luisa Gallerini, décembre 2015.
Voir tous les livres de Luisa Gallerini



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