samedi 12 mai 2012

L'Ordinacteur (1/2)

L'OrdinacteurLa Machine trônait, gigantesque et impériale, au milieu de ses vassales, périphériques et autres subalternes. Le dernier cri de l'art informatique, le top-niveau de la haute technologie. Américains et Japonais avaient étroitement collaboré à ce projet grandiose, les uns apportant leur génie de la conception et les autres leurs techniques de pointe, leur organisation, leur puissance financière et les fruits de leurs recherches d'avant-garde sur la centième génération d'ordinateurs. Les européens avaient bien proposé leur collaboration, mais ils avaient essuyé un refus diplomatique et sans appel.

Il avait fallu 6 mois d'intense labeur, des centaines de spécialistes chevronnés et un budget colossal pour préparer un environnement digne de Sa Majesté la Machine et lui assurer un confort optimal. Encore ne s'agissait-il que du processeur de mise en œuvre. Car c'est la Machine elle-même qui se chargea de son installation, à l'aide d'une armée de robots, de capteurs et de senseurs, de moniteurs et de contrôles.

En 3 mois, les dizaines de processeurs spécialisés avaient pris place autour du cœur de la Machine : le processeur de direction. L'un régissait les flux d'entrées, l'autre relayait les messages de sortie. Certains disséquaient les sons, les formes, les couleurs, les odeurs et les traduisaient en signaux sophistiqués. D'autres mémorisaient la température, la pression, l'hygrométrie, analysaient la composition de l'air ambiant, surveillaient le refroidissement indispensable au bon fonctionnement des milliards de composants électroniques. D'autres encore étaient dévolus aux calculs, au décryptage, à l'affectation des priorités, à l'ordonnancement des travaux et leur exécution, aux traitements des urgences, à l'exploitation quotidienne. Certains n'étaient là que pour garantir un fonctionnement sans interruption et sans incidents. Quelques uns veillaient aux coûts, au respect des plannings. D'autres assuraient la police, effectuaient des contrôles permanents et exigeaient de leurs collègues des rapports détaillés. Aux processeurs les plus performants était confiée la mission la plus délicate : la collecte, la vérification et le stockage des informations. Bref, chacun servait la Machine au mieux de ses capacités.

Encore 3 mois pour une répartition harmonieuse, fonctionnelle et hiérarchisée du menu fretin et les unités de disques et de bandes, les imprimantes et les robots de service furent prêts à obéir. Le réseau constitua un problème insurmontable car les experts et la Machine ne trouvèrent aucun terrain d'accord. Les qualités et les performances d'une si merveilleuse Machine ne pourraient qu'être altérées, sinon dégradées, par les caractéristiques des réseaux actuels. Sans compter l'aspect sécurité, qui jeta les spécialistes dans un océan de terreur, à la seule pensée des attentats, violations, virus et autres malversations possibles.


Auteur : Marc Duclos



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