dimanche 20 mai 2012

Faites vos jeux… Rien ne va plus (2/2)

Faites vos jeux… Rien ne va plusRoland Passin, muet, pétrifié, observe tristement toute cette agitation. Son fils Jérémie, pendant ce temps, réfléchit. Comment garder cette fortune intacte ? Comment empêcher son père de dilapider cette richesse ? Tout en simulant un amour paternel qu’il ne ressent déjà plus (l’argent dévaste les sentiments, c’est bien connu), il imagine les scénarii possibles.

Le sommeil ! Le seul moyen de faire barrière aux futures folies de son père. Il attend impatiemment le départ de la meute. Environ une heure plus tard (autant dire une éternité), la meute disparaît. Aux petits soins pour son père, Jérémie lui propose un café pour le réconforter. Café dans lequel il a, bien entendu, versé préalablement un puissant somnifère. Roland Passin le remercie, encore sous le choc, avale goulûment la boisson chaude… et s’endort.

Ce n’est ensuite qu’un jeu d’enfant pour Jérémie, infirmier de profession, de maintenir son père en sommeil quasi continu. Il le nourrit, le fait boire et lui administre régulièrement des piqûres pour l’endormir. Tout est parfait. Une semaine plus tard, arrivée en fanfare de la troupe de joyeux croquemorts. Ils connaissent déjà les lieux et leurs occupants et n’ont donc plus à se présenter. Roland Passin, éveillé depuis peu, dans un état semi comateux, ne comprend rien à toute cette agitation. Le chef de l’état, toujours escorté du président du Loto, prend alors la parole :

Monsieur Passin, comme nous vous l’avions annoncé, nous voici de retour chez vous. Vous en connaissez la raison. Nous sommes certains que vous avez su profiter de la chance miraculeuse qui vous a été octroyée. Malheureusement nous devons vous informer d’une bonne et d’une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est qu’il s’est produit une erreur informatique lors du dernier tirage au sort. Ce n’est donc pas vous à la fois l’heureux gagnant et le malchanceux condamné. Pour nous pardonner cette regrettable erreur dont, je le répète, nous ne sommes pas responsables, vous pourrez conserver l’argent qu’il vous reste, si vous n’avez pas tout dépensé. La mauvaise nouvelle, et nous en sommes navrés, c’est que le vrai gagnant du tirage au sort est en réalité votre fils, comme en témoigne l’huissier ici présent. Le gain vous ayant déjà été attribué, il ne nous est pas possible de suivre la procédure habituelle. Pas d’argent donc, mais un « retrait » immédiat.

Dites adieu à vos parents et veuillez nous suivre, monsieur Jérémie Passin.


Fin

Auteur : Marc Duclos



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