samedi 28 avril 2012

Voyage (1/2)

Avion« Les passagers à destination de Paris par le vol Air France AF316, embarquement immédiat porte 15 ». L'hôtesse sénégalaise répéta plusieurs fois son invite, d'une voix mélodieuse. Il était 16 heures à Dakar. Le soleil radieux et le ciel éblouissant de pureté promettaient un vol agréable. En cette chaude après-midi d'avril, les touristes fourmillaient dans l'aéroport encombré. Après un bref trajet en navette, les passagers montèrent dans l'avion qui les attendait en bout de piste et commencèrent à s'installer dans un brouhaha chaleureux.

Dans la cabine de pilotage, le commandant Vallier procéda méthodiquement à un examen minutieux de sa check-list, tandis que stewards et hôtesses aidaient les retardataires à prendre place et vérifiaient la fermeture des portes. A 16 heures 15, l'avion commença à rouler sur la piste embrumée par la chaleur, prit de la vitesse, décolla et grimpa dans le ciel uniformément azuré. Les radars suivirent son envol et son ascension. L'avion continua à s'élever et s'éloigner. 500 mètres d'altitude, 1000 mètres, 1500 mètres… Et il disparut.

Il disparut à la vue. Subitement. Les signaux radar ne renvoyèrent plus d'écho. Les opérateurs de la tour de contrôle imaginèrent d'abord une panne du matériel, le secouèrent avec une énergie qui démontrait une longue expérience, puis sortirent pour tenter de repérer le scintillement de l'avion. Peine perdue. Pas de scintillement, plus d'avion. Plus de soleil non plus. Le ciel était à présent tellement sombre qu'ils crurent à une éclipse ou un orage aussi soudain qu'imprévu.

Devant ces phénomènes, ils alertèrent la direction de l'aéroport de Dakar, qui ne manqua pas d'aviser le ministère des transports. Lequel s'empressa de prévenir l'agence centrale d'Air France.  De fil en aiguille, la nouvelle circula très vite et fit le tour des agences de presse. Le dernier informé fut bien entendu le ministre de tutelle, qui apprit l'information par les journaux du soir.

Une réunion d'urgence eut lieu à Matignon, et mission fut confiée à l'armée de l'air d'envoyer des avions de reconnaissance. Les avions partirent, les uns de Paris, les autres de Dakar. La zone à survoler était vaste, certes, mais assez bien délimitée puisque le plan de vol de l'appareil disparu était parfaitement connu. Pendant que les tours de contrôle des différents aéroports situés sur le trajet habituel lançaient appel sur appel, les engins de reconnaissance fouillaient scrupuleusement le ciel. Rien. Aucune trace.

L'opinion, relayée par la presse, pensa à un accident ou un attentat. Une dizaine de groupuscules se manifesta pour revendiquer cet exploit. Malgré leur peu de crédibilité, ce devint l’hypothèse malheureusement la plus probable. Les recherches s'intensifièrent et de nombreux hélicoptères arrivèrent à la rescousse pour explorer les immenses contrées désertiques. La légion apporta son concours et de nombreux convois de jeeps et de méharis sillonnèrent le Sahara.


Auteur : Marc Duclos



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