samedi 7 avril 2012

Recherche du temps perdu (1/2)

Le Jardin d'Eden, Très Riches Heures du duc de BerryL'essor industriel avait atteint son apogée. Les progrès scientifiques, techniques, sociaux, culturels menaçaient de stagner tant ils avaient pénétré loin au cœur de la connaissance. Les secrets de l'univers restaient nombreux, mais non plus innombrables. Les secrets de la vie et de la mort s'étaient en partie dissipés au vent des découvertes biologiques et médicales. La civilisation actuelle, après avoir franchi toutes les étapes du cycle d'évolution, était celle des loisirs et de l'écologie. Ordinateurs et robots avaient depuis longtemps déjà supplanté et remplacé l'homme pour la réalisation des tâches fastidieuses et répétitives, l'organisation des travaux, l'administration et la gestion des ressources, l'orientation et le développement des recherches, la conception et la mise en œuvre des réformes, la création de nouvelles machines toujours plus efficaces, toujours plus dévouées à l'homme. Les usines, les lieux de production, l'industrie et l'agriculture, les transports, les hôpitaux, les cimetières, les restaurants et les hôtels, tout était rationalisé et automatisé.

L'argent avait disparu, inutile depuis que tout était gratuit. Seul le troc subsistait encore ici ou là. La famine avait laissé place à l'abondance, les maladies et les épidémies au bien-être et à la santé, la sénescence à la longévité, la criminalité à la solidarité. Finie la pollution. La société était désormais résolument écologique. Plus de fumées odorantes, de centrales dangereuses, de gaz nocifs, de rejets mortels, de déchets impérissables. Tout était maintenant bio-dégradable et temporaire. Les usines, les bâtiments d'habitation, les moyens de transport. Plus d'énergie sale. L'énergie cosmique suffisait largement à assurer une exploitation optimale et inépuisable des ressources.

Les HLM et autres tours avaient été remplacés par des îlots d'habitation terrestres, aériens ou souterrains. Souvent mobiles et provisoires car les notions de propriété et de pérennité étaient désuètes et inadaptées. Les foyers d'habitation se déplaçaient au gré des occupants, qui déménageaient eux-mêmes de demeure en demeure. Les voitures, les cars, les camions, les avions, les bateaux ne provoquaient aucune nuisance et leur durée de vie était si courte que les modèles changeaient au fil des modes. Une fois obsolètes, ils étaient proprement désagrégés et recyclés.


Auteur : Marc Duclos



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