dimanche 15 avril 2012

Les ailes du chat (2/2)

Franz Marc, trois gros chatsMes servants sont accompagnés d’une étrange créature qu’ils appellent un chien. Ils le surnomment Brutus. Lui, contrairement à moi, c’est un animal. Il est hideux, ne court pas vite, ne grimpe pas, mais c’est un bon copain. Je daigne souvent jouer avec lui… un moment, parce qu’il me lasse vite. Il ne sait même pas attraper les souris, elles lui font peur. Moi aussi, j’adore effrayer. Je me cache derrière une porte et, lorsqu’il passe, je saute sur son dos toutes griffes dehors. Apeuré, il court en tous sens et tente de me désarçonner. Sans succès, bien entendu.

Je m’appelle Vulcain et je sais tout faire. J’escalade les rideaux, je m’affûte les griffes sur leurs vêtements, sur le tapis ou sur le divan. Je joue avec les bibelots les plus fragiles, je vole l’entrecôte de mes servants en la remplaçant par un lézard que je viens juste d’attraper. Je marque mon territoire tout autour de la maison. Parfois à l’intérieur de la maison s’ils me laissent seul trop longtemps.

Mon territoire s’agrandit d’ailleurs de jour en jour. Je m’aventure toujours plus loin, toujours plus haut. Bien sûr, je me bagarre souvent avec mes rivaux et je ne suis pas toujours vainqueur. Bien sûr le danger est partout, mais je suis invincible. Et puis, j’ai aussi des amis, surtout des amies d’ailleurs. Qui peut résister à mes charmes ? Mon charisme les éblouit. Je ne compte plus mes conquêtes. Autant de chattes, autant de victoires. Nous sautons les barrières, courons dans les ruelles, grimpons sur les murets. Nous sommes les maîtres de la rue et je suis le leader.

Les ailes du chat

Je m’appelle Brutus, il s’appelait Vulcain. Je suis un carlin, le compagnon de jeux de Vulcain. Son souffre douleur quelquefois. Je suis son ami.

J’étais son ami… Une voiture l’a heurté. Il a réussi à se traîner chez mes maîtres avant de rendre sa petite âme. De là haut, il les a vus sangloter à n’en plus finir. Il m’a entendu hurler à la mort. Pour nous consoler, il nous a envoyé un messager :

Un magnifique papillon noir aux ailes orangées, 
un vulcain.

Fin

Auteur : Marc Duclos

En souvenir de la chanson Sampa de Georges Chelon que vous pouvez retrouver sur facebook.

En images, Georges Chelon chante Sampa à l'Olympia, en 2008 :



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