samedi 14 avril 2012

Les ailes du chat (1/2)

Franz Marc, Girl with Cat II, 1912Je m’appelle Vulcain. Je suis un chat, le chat. Mes servants (ils sont deux, Elle et Lui) pensent qu’ils sont mes maîtres. Ils peuvent bien croire de telles âneries, mais moi je sais bien qu’ils sont mes serviteurs car ils ne savent que faire pour satisfaire tous mes désirs. Ils me surnomment matou, minet ou greffier. Ils me qualifient de chat européen. Quelle blague ! J’ignore ce que signifie européen. Moi, je suis un chat de gouttières, de toits et de ruelles. Je suis libre. Ni Dieu ni maître, telle est ma devise.

« Je m'appelle Sampa, et bien que chien bâtard, je fais tourner la tête à bien des pedigrees. » (Sampa, Georges Chelon)

Je m’appelle Vulcain.  J’ai maintenant 1 an. Je ne me souviens plus de ma mère et je n’ai jamais connu mon père (ou mes pères ?). Mes servants m’ont adopté lorsque j’étais chaton. Un humain mal débroussaillé m’avait  aspergé d’huile bouillante. Il n’aimait pas les chats, ce malotru. C’est Elle, ma servante, qui m’a recueilli et soigné. Tous les vétérinaires qu’elle avait consultés me considéraient comme un mort en sursis. Ou plutôt comme un zombie, un vivant qui aurait dû être mort. Elle a persisté et m’a soigné sans relâche. Évidemment, j’aurais guéri tout seul, un chat se suffit à lui-même. Mais je lui ai laissé croire que c’est elle qui m’avait sauvé. Pour me récompenser de ma mansuétude, Elle me dorlote et caresse mon magnifique pelage. J’avoue aimer ses caresses puisque ça lui fait plaisir. Entre nous, moi aussi ça me fait plaisir. Lui me nourrit aussi bien qu’il le peut et joue avec moi. A certains jeux. Mais il ne court pas très vite, ne saute pas bien sur les murs et ne me suit jamais sur les toits. De plus, il miaule bizarrement (Elle aussi d’ailleurs), je ne comprends pas leur langage. Ils doivent être d’une intelligence très moyenne, car ils ne me comprennent pas toujours lorsque je daigne leur faire entendre la beauté de mes miaulements.

Elle et Lui ont parfois un comportement qui me déroute. Par exemple ils ne savent pas apprécier mes cadeaux, même les plus royaux. Avant je leur amenais des souris à peine vivantes. Je les déposais délicatement entre eux, sur le canapé. Eh bien, vous ne me croirez pas, mais c’étaient des hurlements sans fin et ils fuyaient. Oui oui, ils se sauvaient en criant. Depuis plus de souris en cadeaux. Tant pis pour eux !

Les ailes du chat

Je m’appelle Vulcain. Si je suis narcissique, c’est parce que je suis beau. Je suis parfait. Je représente l’idéal sur terre. Mes congénères ne me valent pas, bien qu’ils essayent. Ne parlons même pas de mes servants et de leurs semblables : ils sont tellement balourds avec leurs deux pattes supérieures et leurs deux pattes inférieures. La plupart du temps, ils se tiennent debout comme des arbres. Ils ont quelquefois des idées baroques. Lorsqu’ils me croient malade, ils ont l’étrange manie de vouloir me faire avaler des pilules. Ils les cachent dans des morceaux de viande ou les écrasent dans mon bol de lait. Quels naïfs ! Je sens l’odeur à cent mètres. Quelquefois je fais semblant de boire ou d’avaler, mais je recrache aussitôt sur leurs chaussures. Ils tentent parfois de me les insérer de force dans la bouche. Je deviens alors une boule de griffes et de crocs et, à mon tour, je leur renvoie les pilules en plein visage.


Auteur : Marc Duclos



Articles liés

1 commentaires:

leo leroux a dit…

je possede un chat ailé et me demande le pourquoi de ces ailes et surtout sa douceur infini

Enregistrer un commentaire

 
Design by Free WordPress Themes | Bloggerized by Lasantha - Premium Blogger Themes | Best WordPress Themes