lundi 30 avril 2012

Nuit d'Orient

Leon Francois Comerre, HaifaDans Les Orientales (Victor Hugo), la langueur de Sara la baigneuse hypnotise le lecteur : « Sara, belle d'indolence, se balance, dans un hamac, au-dessus, du bassin d'une fontaine, toute pleine d'eau puisée à l'Ilyssus ». Dans Elle demeure en son palais (Renée Vivien), c'est l'exotique beauté d'une sultane qui fait rêver les occidentaux : « Ma sultane aux yeux noirs m’attend, comme autrefois. Des jasmins enlaceurs voilent les jalousies… J’admire, en l’admirant, ses parures choisies, et mon âme s’accroche aux bagues de ses doigts. ». L'Orient attire, l'Orient fascine. Aujourd'hui, Nuit d'Orient nous fait voyager au rythme des astres et des vers.

King Charles : LoveBlood, le sacre 2012

King Charles : LoveBlood, le sacre 2012Après le King (alias Elvis), Prince et Queen, King Charles s'apprête à régner en maître. Avec une noble moustache à la Montesquiou, une choucroute rasta à la Bob (Marley, pas Dylan), une guitare solo à la Slash, un déhanché affriolant à la Mika, un total look à la Kiss et un sens de la démesure à la Freddie Mercury, le phénomène britannique ne se refuse rien. Et pour cause ! Le jeune artiste est une véritable bombe à retardement. Braqués sur lui, les projecteurs des médias et de l'industrie musicale attendent impatiemment son sacre qui aura lieu, paraît-il, en 2012. Rien d'étonnant, donc, à ce que l'album de King Charles, LoveBlood, chez votre disquaire le 14 mai 2012, en version digitale dès aujourd'hui, ne soit qu'un premier pas dans la cour des grands, celle des rois !

dimanche 29 avril 2012

Voyage (2/2)

OrageAprès 2 journées de vaines recherches, divers journaux orientèrent leurs articles sur l'étrange coïncidence entre la disparition subite de l'avion et la soudaine noirceur du ciel à Dakar. Ils évoquèrent les OVNI, la proximité de trous noirs, les failles temporelles, de mystérieux phénomènes météo, et bien d'autres tentatives d'explication. Ils passèrent en revue les cas similaires qui avaient pu se produire dans le passé, tous ces engins volants ou flottants dont la disparition était demeurée inexpliquée. Ils mentionnèrent le fameux triangle des Bermudes et autres lieux de sinistre réputation.

samedi 28 avril 2012

Voyage (1/2)

Avion« Les passagers à destination de Paris par le vol Air France AF316, embarquement immédiat porte 15 ». L'hôtesse sénégalaise répéta plusieurs fois son invite, d'une voix mélodieuse. Il était 16 heures à Dakar. Le soleil radieux et le ciel éblouissant de pureté promettaient un vol agréable. En cette chaude après-midi d'avril, les touristes fourmillaient dans l'aéroport encombré. Après un bref trajet en navette, les passagers montèrent dans l'avion qui les attendait en bout de piste et commencèrent à s'installer dans un brouhaha chaleureux.

vendredi 27 avril 2012

Centre Pompidou-Metz : Sol LeWitt et les frères Bouroullec

MetzEn passant par la Lorraine, nous décidons de faire une petite halte à Metz. C’est vrai que vu comme ça, ça ne donne pas forcément envie, surtout en ces temps de crise où la Lorraine ressemble davantage à une zone fortement et hautement sinistrée qu’à un lieu de villégiature rêvé. Toutes ces villes d’ANGE anciennes fiertés industrielles de la région qui ne sont aujourd’hui que le reflet de ces crises économiques successives dont tout le monde se moque. Nous faisons donc une petite halte à Metz pour visiter le Centre Pompidou local. Qui a dit que la décentralisation ne faisait plus recette ?
Après quelques déboires durant son premier hiver et déjà une fermeture précoce pour cause de travaux de remise en état (les architectes n’avaient pas prévu de gouttière sur la toiture, du coup lors des grosses chutes de neige, ça n’a pas loupé, le toit s’est effondré… Ah ces architectes !), le Centre Pompidou-Metz a rouvert ses portes et propose à nouveau des expositions à voir et à ne pas manquer. En ce moment, deux expos qui valent vraiment le coup : du design avec les œuvres des frères Bouroullec (Erwan et Ronan), et des murals impressionnants de Sol LeWitt.

jeudi 26 avril 2012

Les Brigitte : Et vous, tu m'aimes ?

Les Brigitte« Je vous l'avoue pour partir c'est une belle journée » (Quel beau dimanche) : youpi, nous aussi, nous avons nos Desperate Housewives ! Deux jolis brins de femmes made in France qui répondent au doux nom de... de... Brigitte. Ben oui, Brigitte comme Brigitte Nielsen, Brigitte Fontaine, Brigitte Bardot... Brigitte Lahaie. Et comme le ridicule ne tue pas (n'oublions pas que ce qui ne tue pas rend plus fort), ces deux mères de famille adeptes de l'auto-dérision jouent aussi bien avec les mots qu'avec leur apparence : toge peace and love, pantalon à bretelles, robe de chambre, chemise XXL, lunettes et foulards de grand-mère, chapeau melon (sans bottes de cuir), écailles, strass et paillettes, crête iroquoise... Les deux sirènes se font plaisir, donnent dans le bling et le bling et le rocambolesque, se déhanchent lascivement en alpaguant les mauvais garçons qu'elles dévorent pour mieux rosser. Vénéneux et sensuel, ce duo de belles plantes balance un bon coup de talons compensés dans la variété française. Quoi, deux bourgeoises sexy qui s'aventurent dans les charts en chantant « va te faire des nouilles » ? Eh oui, il va falloir vous y faire. Sorti en avril 2011, le premier album des Brigitte Et vous, tu m'aimes ? fête son premier anniversaire avec un disque de platine.

mercredi 25 avril 2012

Yoanna, un peu brisée ?

Yoanna, un peu brisée10 avril 2012, le Divan du Monde, Paris. Flanquée d'un accordéon à peine moins gros qu'elle (trois tonnes, ça fait quand même lourd pour un instrument de torture !), Yoanna jette un coup d’œil complice à son acolyte de scène, Marion Ferrieu, qui enfourche son violoncelle sans broncher. La salle est à l'affût, on se pourlèche déjà les babines (et pas seulement pour la délicieuse frimousse de la jeune et jolie chanteuse) : c'est qu'avec Yoanna, il y a du spectacle, et pas n'importe lequel ! Son franc-parler ne fait pas que grincer quelques mâchoires mal embouchées, il chatouille aussi copieusement les côtes (ce soir-là, il n'y avait pas que les restes sacrés de Boris Vian qui avaient le boyau rigolard !). Sa voix cabossée accroche les mots comme elle les caresse ; c'est une troupe de légionnaires en pleine beuverie qu'elle vous ferait chialer comme des veaux. Sa présence seule laisse pantois ; elle vous désarçonnerait un régiment d'énarques. Et son charme, ah son charme !... Celui-là, il vous ranimerait ni une ni deux le plus cabochard des ascètes. Et lorsque l'on sait qu'en plus, entre deux chansons d'un style parfaitement inclassable (on peut jouer de l'accordéon sans souffler les souliers de la mère Yvette), aux vagues relents de rock indé et de musette (si si c'est possible, prenez les Têtes Raides par exemple), de folk et de musique populaire, Yoanna secoue la galerie de courts discours corrosifs qui démangent les méninges aussi sûrement qu'ils donnent la banane, on guette sa venue comme celle du Messie. Alors si vous avez loupé les vêpres parisiennes et qu'une sale épidémie de cosse vous tient pieds et poings liés au zinc d'en-bas, consolez-vous, le nouvel album de Yoanna, Un peu brisée, est d'ores et déjà dans les bacs !

mardi 24 avril 2012

Moran, interview d'un grand mammifère québécois

Moran, interviewPigalle et ses cabarets, Pigalle et ses échoppes de musique, Pigalle et ses salles de concert, Pigalle et ses jolies maisonnettes plantées dans la capitale comme les ruines d'une civilisation disparue. Le soleil brille, la nature reprend doucement ses droits au sortir de l'hiver. De son incroyable voix, rocailleuse à souhait, Moran nous salue et nous présente ses deux musiciens : Thomas à la guitare et Sylvain à la batterie. La nuit semble avoir été longue pour ces trois Québécois qui dévorent la vie comme il se doit, avec délectation. Dans une ruelle fleurie cabossée de pavés, Moran nous parle, entre deux cigarettes, de son dernier album Mammifères, de truck et de tournée sans fin, de blues, de rock et de jazz, de richesse culturelle et de couleur musicale... Moran, interview d'un mammifère terrestre comme on les aime.

lundi 23 avril 2012

Pour retenir les pas de l’aimé

1835, Ary Scheffe, les fantômes de Paolo et Francesca apparaissent devant Dante et VirgileCorneille a écrit « ce que fait l'amour, l'amour aussi l'excuse. », Henry de Montherlant « tout amour est une servitude. », Tolstoï « aimer d'un amour humain, c'est pouvoir passer de l'amour à la haine, tandis que l'amour divin est immuable. » : l'amour ne connaît pas de limite, l'amour est esclavage, par amour on est capable du meilleur comme du pire. Il  y a ceux qui veulent décrocher la lune, ceux qui songent à déplacer les montagnes, mais attention, met en garde Alfred de Musset, « on ne badine pas avec l'amour. ». Jalousie, manque, dépendance, déception... Les maux de l'amour sont légions. Pour retenir les pas de l’aimé, le poème d'amour du jour.

Le Bal des Trépassés : autopsie d'un album foudroyant

Le Bal des Trépassés : autopsie d'un premier albumC'est officiel, le sublime Roméo a enfin planté sa vilaine dulcinée ! Et un beau gosse de plus (qui revient de loin, très loin !) sur le marché (on entend déjà des hordes de furies qui hurlent à la mort « oh ouiii, mon Roméo !!! ») ! Vous n'y croyiez plus ? Avec Roméo sans Juliette – album foudroyant s'il en est ! –, le Bal des Trépassés l'a fait ! Et pour tordre le cou aux mythes poussiéreux (le beau Roméo n'attend que vous !), rien de plus simple : embarquez dès aujourd'hui pour un aller-simple à bord du train de 06h31, il vous mènera tout droit dans le repaire secret des Trépassés, cette contrée lointaine d'où paraît-il, on ne revient jamais... Enfin, sauf deux ou trois pommés. Paraîtrait qu'un gus qui ne lâchait jamais sa lyre sous prétexte qu'il causait aux chauves-souris s'est fait éjecter illico-presto comme Assurancetourix, hop, chez les Grecs, enfin les Gaulois, bref. Qu'un gentil illuminé qui s'entravait sans cesse dans sa barbe (ou ses cheveux, les sources diffèrent sur ce point) bouffait tellement de pommes qu'on l'a expédié ad patres, et paf, direct dans les nuages. Mais Roméo, c'est différent, il était prêt à tout pour se faire la malle. Bon, il y a bien quelques mauvaises langues qui prétendent qu'une certaine Juliette en aurait eu ma claque de ses sérénades incessantes et l'aurait envoyé au diable, mais bon, on a quand même du mal à y croire... Non ?

dimanche 22 avril 2012

Le jouet (2/2)

Gustave Moreau, JupiterGalaxie d’Andromède, planète Vbifj. Magu est un enfant exemplaire. Il a à peine 3 millions d’années, mais le bambin est un surdoué. A son âge, il sait déjà déplacer les planètes et jouer aux billes avec les lunes. Las de ces jeux trop sophistiqués, il veut s’amuser de manière plus simple. Rien de plus facile pour lui que d’émettre quelques ondes au hasard. C’est ainsi qu’il prend le contrôle d’une chose qu’il nomme Ixou. Quel plaisir d’étrenner un jouet si aisé à téléguider. Un jouet si rustique. La seule chose qui le dérange un peu, lui l’empereur de l’univers, c’est l’étrange tension qu’il éprouve à se distraire avec ce nouveau passe-temps.

samedi 21 avril 2012

Le jouet (1/2)

Le jouetWilliam s’amuse avec son nouveau joujou. Ses parents le lui ont offert pour son anniversaire. Ils l’ont déniché dans un vide-grenier. Un jouet extraordinaire. Il ressemble à un ourson en peluche, mais sa fourrure est plus douce que du satin. Ses membres sont mobiles et semblent même autonomes. Ses yeux sont deux billes de verre d’un noir profond ; ils ne se ferment jamais et paraissent regarder l’enfant en permanence. William a beau faire le tour de sa chambre, se cacher sous le lit ou dans le placard, les yeux de l’ourson ne le quittent pas.

vendredi 20 avril 2012

Moran, Mammifères

Moran, MammifèresAvec son deuxième album Mammifères, Moran nous chavire à nouveau de sa belle voix grave, rauque et douce à la fois. « Bête retardataire », « pauvre petit mammifère », ce bel animal des pays froids se nourrit de poésie, de musique folk et de chanson française. Son univers feutré glisse comme une caresse, apaisant, palpitant. Un album à écouter un soir d'hiver du fond d'un bon bain chaud pendant que dehors, la tempête fait rage.

jeudi 19 avril 2012

Yoanna en session acoustique

Yoanna en session acoustiqueC'est sur la mezzanine du Divan du Monde que nous rejoignons Yoanna quelques heures avant son concert parisien. Entre deux réglages de son pour la balance, elle s'installe avec Marion Ferrieu (au violoncelle) sur l'une des vieilles banquettes en velours. Tout autour, dans la pénombre, d'étranges reliques brillent dans de larges vitrines comme autant de trésors : Chantal Goya y côtoie des familles entières de chatons, des bébés crient, pleurent et rient, des figurines religieuses prient en silence... L'accordéon sur les genoux, Yoanna (Ceresa, de son nom complet) échange un regard complice avec sa musicienne ; c'est parti ! Au programme de cette session acoustique aussi joyeuse qu'émouvante, Grenouille, une chanson extraite du nouvel album de Yoanna, Un peu brisée.

mercredi 18 avril 2012

Interview de Mirel Wagner, ange ou démon

Mirel WagnerSamedi 24 mars, Théâtre de la Cité Internationale, Paris. Seule avec sa guitare, Mirel Wagner ouvre une nouvelle soirée placée sous le signe de Vénus au Festival Les Femmes s'en mêlent. Dès les premiers arpèges égrenés dans un silence sépulcral, presque oppressant, la jeune finlandaise happe son public, aux anges, pour le plonger dans son univers sombre et âpre, aussi fascinant qu’étonnamment dépouillé. La salle respire à peine, la magie opère, déferle dans la pénombre en traînant dans son sillage l'enivrante mélancolie du blues des années 30, poignante et lumineuse. Après le concert, c'est dans la cafétéria de la Cité Universitaire investie par les étudiants que nous retrouvons Mirel Wagner qui nous parle de son premier album, mais aussi d'inspiration, de violon et de guitare, de chansons bébés, de simplicité, de Leonard Cohen et de Nick Cave and The Bad Seeds, de Son House et de Memphis Minnie, de guitariste virtuose et de bloggeur dénicheur de talent, d'Edgar Allan Poe et de Kafka, de Yeats et de Baudelaire... Interview de Mirel Wagner, l'ange noir tombé de Finlande.

mardi 17 avril 2012

Revolver reprend les armes : interview exclusive

Revolver reprend les armes : interview exclusiveEn cette fin d'après-midi de mars, c'est sur les toits ensoleillés d'EMI Music que nous retrouvons les trois garçons de Revolver, Ambroise Willaume (chant, guitare), Christophe Musset (guitare, chant) et Jérémie Arcache (violoncelle, chant). Entre showcase, presse et shooting photos, ils nous parlent de leur dernier album Let go, de tournées, de voyages et de bus, mais aussi de famille, de fratrie et de triplets, d'Amérique, de rencontres et de changements, de Wes Anderson, de Spielberg et de Cassavetes, des Bretons et de Mars, de lâcher prise et d'un homme qui se balade un peu partout pour se photographier nu, des Vieilles Charrues et d'énergie... Interview exclusive de Revolver, un groupe en plein boum à suivre sur les routes de l'Ancien et du Nouveau continents !

lundi 16 avril 2012

Mauvais Présage

Le Radeau de la Méduse, GéricaultDes naufrages torturés de Turner à Robinson Crusoe (Daniel Defoe), de l'Iliade et l'Odyssée (Homère) aux récits de voyages de Stevenson et de Conrad, des nouvelles d'Edgar Poe aux Yeux d'Elsa (« Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa, sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent, moi je voyais briller au-dessus de la mer, les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa », Louis Aragon), du Radeau de la Méduse (Géricault) à Moby Dick (Melville), la littérature comme les arts graphiques dépeignent la puissance dévastatrice de la mer, et la peur, omniprésente, des marins comme de leurs épouses, restées à terre.

Thea Hjelmeland, Oh, The Third...

Thea Hjelmeland Avec Oh, The Third..., Thea Hjelmeland bouscule les frontières de la pop. Quand on lui demande quel est le style de sa musique, la jeune chanteuse répond qu'elle fait de la « pop acoustique bleue ». Et lorsque l'on écoute ses chansons mâtinées d'envolées folkloriques, ruisselantes de jazz enfumé et noircies aux démons du blues, on se dit qu'il fait sacrément bon dans les profondeurs azurées de l'univers musical de la jolie norvégienne.

dimanche 15 avril 2012

Internet en 3D, comment ça marche ?

Internet en 3D, comment ça marche ?Le monde qui nous entoure ne manque pas de relief, mais que dire des écrans qui, peu à peu, occupent une place prépondérante dans notre vie (qu'ils tiennent au creux d'une main ou sur un buffet) ? Ils sont plats, définitivement plats. Et si certains (consoles de jeu, ordinateurs, téléviseurs) sont d'ores et déjà capables de restituer une illusion de relief sans que l'on ait même à porter de lunettes 3D, ce n'est pas, aujourd'hui, le cas de la plupart des appareils que nous utilisons. Alors en attendant que tout le monde, devant son poste de télévision comme derrière son ordinateur, bascule dans la 3ème dimension (dans 1 an, 5 ans, 10 ans ?), la Toile de Pandore vous propose un avant-goût des réjouissances à venir en ajoutant du relief aux images et aux vidéos, grâce à la technologie anaglyphe. Surfer en 3D, c'est aussi voir le monde autrement. Plonger dans un autre univers, l'univers des possibles, tout en s'amusant. Changer de perspective pour appréhender les choses différemment. La Toile de Pandore se tisse dans l'espace, en voici le mode d'emploi !

Les ailes du chat (2/2)

Franz Marc, trois gros chatsMes servants sont accompagnés d’une étrange créature qu’ils appellent un chien. Ils le surnomment Brutus. Lui, contrairement à moi, c’est un animal. Il est hideux, ne court pas vite, ne grimpe pas, mais c’est un bon copain. Je daigne souvent jouer avec lui… un moment, parce qu’il me lasse vite. Il ne sait même pas attraper les souris, elles lui font peur. Moi aussi, j’adore effrayer. Je me cache derrière une porte et, lorsqu’il passe, je saute sur son dos toutes griffes dehors. Apeuré, il court en tous sens et tente de me désarçonner. Sans succès, bien entendu.

samedi 14 avril 2012

Les ailes du chat (1/2)

Franz Marc, Girl with Cat II, 1912Je m’appelle Vulcain. Je suis un chat, le chat. Mes servants (ils sont deux, Elle et Lui) pensent qu’ils sont mes maîtres. Ils peuvent bien croire de telles âneries, mais moi je sais bien qu’ils sont mes serviteurs car ils ne savent que faire pour satisfaire tous mes désirs. Ils me surnomment matou, minet ou greffier. Ils me qualifient de chat européen. Quelle blague ! J’ignore ce que signifie européen. Moi, je suis un chat de gouttières, de toits et de ruelles. Je suis libre. Ni Dieu ni maître, telle est ma devise.

vendredi 13 avril 2012

L'exposition Artemisia au Musée Maillol

Artemisia au Musée MaillolJusqu'au 15 juillet 2012, c'est à Paris, au musée Maillol que vous pourrez, le temps d'une exposition, partager le quotidien de la mythique Artemisia Gentileschi. Connue tant pour son talent précoce, les événements dont elle fut l'infortunée victime, sa personnalité bien trempée, son troublant magnétisme, que pour l'extraordinaire émancipation dont elle fit preuve pour s'adonner corps et âme à sa passion, la peinture, cette célèbre artiste du XVIIème est fascinante à plus d'un égard. Et lorsque l'on sait dans les plus grands musées du monde, ses toiles se comptent souvent sur les doigts d'une main, on apprécie d'autant plus l'énergie qu'il a certainement fallu déployer pour monter une exposition de cette envergure qui présente, entre autres curiosités, un nombre considérable de tableaux provenant de collections privées. Une occasion unique, donc, de découvrir dans les semaines qui viennent une artiste qui n'a retrouvé ses lettres de noblesse que récemment, après trois siècles de mise à l'index sous prétexte... qu'elle n'était pas un homme. Première rétrospective française à rendre hommage à cette figure essentielle de la peinture baroque, l'exposition Artemisia (1593 / 1654), Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre s'annonce comme l'une des plus riches de la saison.

jeudi 12 avril 2012

Marc Fichel, je te donne... la patate

Marc FichelQu'on se le dise, Marc Fichel ne fait rien comme tout le monde : chanteur le jour (alors qu'il n'aime pas sa voix), grossiste en patates la nuit (sur le marché de Rungis, entre deux gousses d'ail), il aurait très bien pu rester au Club Med avec ses copains GO (et les ravissantes vacancières), apprendre le solfège, être dentiste comme papa et maman, jouer du piano debout... Mais non, cet inconditionnel de Jean-Jacques Goldman exporte des pommes de terre par caisses entières (camions ?), compose sans cesse (entre deux commandes, dans la rue, dans l'avion, en interview ?), joue du piano en parfait autodidacte (lire une portée, pour quoi faire ?), tapote sur un Iphone en parlant de Blackberry, fait un tabac sur scène (sans y croire, et pourtant !), et cartonne sur le web (300 000 vues pour un premier clip fait maison, c'est plutôt pas mal !). Aujourd'hui, le trublion de Rungis nous livre un premier EP mitonné aux petits oignons, fort de 6 titres accrocheurs qui vous donnent une patate d'enfer : l'entraînant Blackberry déprime vous emmène dans la ronde ; le survolté Comme un gimmick ressuscite le Michel Berger des années 70 ; C'est ma vie dans les halles joue la carte cabaret dansant « aux portes de Paris, les clefs d'un Paradis » ; la balade Piano voix, chantée en duo avec Nourith, mêle piano et violon ; La fille aux yeux qui parlent relance la machine (« je t'ai connue en un seul clic ») ; et L'ange qui passe, tout en douceur, clôt le disque « entre ciel et terre ».
Mais pour nous parler de ce premier disque, laissons la parole à son grand manitou, Marc Fichel : c'est qu'entre Baudelaire et les Enfoirés, Bénabar et Charles Trenet, les halles et l'EDHEC, les histoires de clous mal plantés et de places de concert déchirées, d'addiction et de réseaux sociaux, l'interview au café du coin ne manque pas... de patate.

mercredi 11 avril 2012

Yarol Poupaud parle de Black Minou

Yarol Poupaud parle de Black MinouBlack Minou ? C'est la dernière folie légère qui fait vibrer Pigalle ! Dans les caves humides du quartier, ce groupe de rock au nom improbable distille une musique punchy sous des néons brûlants. Producteur à ses heures, anciennement guitariste des FFF et d'Adanowsky, Yarol Poupaud (à la guitare et au chant) s'est entouré pour ce projet musclé de ses deux frères Melvil (auteur et comédien, à la basse) et César (prof de maths, à la guitare), secondés par une bande de joyeux drilles toujours prêts à se relayer sur scène pour le seul amour de la musique (et des filles ?). Avec un premier EP dans les bacs, Black Minou change de cap : enflammer les bars de la capitale en s'attaquant aux grosses pointures (AC/DC, les Stones, Dylan, Curtis Mayfield...) ne leur suffit plus, c'est donc avec leurs propres compositions qu'ils poursuivent l'aventure.
Une aventure qui commence avec Boogie With You, un titre énergique qui sonne comme un bon vieux rock des années 60 ; ça bouge, ça parle de galipettes, ça fait la part belle à la guitare solo : tout y est, comme au bon vieux temps. Grosse basse, rythme balancé, refrain qui crache : Bad Habit n'attend qu'une chose, une bonne fosse pour slammer à son aise. Calé sur un riff très années 70 (allez, à la Hendrix), Voodoo Love rend un éclatant hommage au Voodoo Chile du maître Es Guitare (« Lord knows I'm a Voodoo Chile, yeah... ! »). Et pour clore l'EP, Makin’it Easy nous largue une dizaine d'années plus tard : way back in the eighties, sur une nappe new wave matinée de blues, et bien sûr, de rock and roll !...
Mais à présent, revenons à nos moutons, et plus précisément, au chef de meute : Yarol Poupaud. Les yeux pétillants, les cheveux en bataille, un authentique cuir de motard sur le dos, le guitariste-chanteur au sourire enchanteur nous parle de Black Minou, son nouveau bébé. Let's rock !

mardi 10 avril 2012

Thea Hjelmeland en session acoustique

Thea Hjelmeland en session acoustiqueAvec sur le dos (les bras, les épaules, au cou, à la main...) une mandoline, un banjo, un ukulélé et une guitare sèche (sans compter le sac à main !), Thea Hjelmeland ne passe pas inaperçue. Et lorsqu'elle nous rejoint, rayonnante, dans un appartement parisien par une belle matinée de printemps, c'est le soleil qui entre avec elle. Radieuse, elle nous tend le vinyle de son premier album solo, Oh, The Third..., en précisant que son disque sortira bientôt... en cassette ! Les instruments déballés, la jeune norvégienne prend le banjo pour nous interpréter It's Too Late. Sa voix emplit la pièce, le temps s'arrête. Puis elle troque le banjo pour la mandoline, et nous chante Perfume. Le temps vacille à nouveau. Thea Hjelmeland en session acoustique, c'est la magie du Nord qui souffle sous la peau.

lundi 9 avril 2012

Errance nocturne et parisienne

Quais de Seine de nuit, ParisEn déambulant la nuit en bord de Seine, sur les quais déserts de la ville endormie, on ne peut s'empêcher de penser à toutes ces âmes sacrifiées, tous ces corps qu'un jour le fleuve a charriés. Styx parisien, plan d'eau miroir où Narcisse aurait pu se perdre à jamais, la Seine, fascinante, attire autant qu'elle effraie. Alors écoutons Jean Cocteau, et : « Méfions-nous des noyés qui s'accrochent et qui nous noient. ».

Dafuniks en concert à la Maroquinerie

Dafuniks en concert à la MaroquinerieToutes les photos de Dafuniks en concert à la Maroquinerie !
C'était le 7 avril 2012...





Interview de Ladylike Lily, magicienne éclairée

Interview de Ladylike LilyCelles et ceux qui étaient à l'Alhambra le 28 mars 2012 au Festival Les Femmes s'en mêlent s'en souviennent comme si c'était hier : seule avec ses guitares et quelques boucles de voix enregistrées à la volée, deux jours après la sortie de son premier album Get your soul washed, Ladylike Lily a ensorcelé une salle pleine à craquer en ne laissant qu'affleurer, dans une douceur enveloppante, la violence intérieure qui habite sa musique, à la fois sombre et mystique. Quelques jours auparavant, en pleine effervescence médiatique, la jeune chanteuse nous livrait gracieusement les ingrédients de sa potion magique : trois poils de moustache de Syd Matters, une touffe de cheveux de Baxter Dury et quatre rognures d'ongles d'Emily Dickinson ; dix gouttes de mélancolie et une louche de mysticisme ; six petits couteaux qui coupent ; deux souvenirs d'amour torturé ; une grossesse sanglante ; une pincée de poussière de théâtres grecs ; vingt cordes de harpe celtique et deux de guitare... En exclusivité, l'interview de Ladylike Lily.

dimanche 8 avril 2012

Recherche du temps perdu (2/2)

Grottes de LascauxLa nature avait repris ses droits primordiaux. Forêts et prairies occupaient de nouveau le sol et recouvraient les tracés de routes et autoroutes d'autrefois. Des espèces considérées comme disparues avaient recommencé à apparaître et se reproduire en liberté et sécurité. Les hommes, débarrassés de leurs hantises et leurs querelles, ne se consacraient plus qu'aux loisirs. Ils voyageaient, écrivaient, lisaient, s'adonnaient à la peinture et aux arts, aux sports, à l'imagination et la créativité. Les enfants dessinaient dans les grottes leurs animaux favoris. Les armes ayant disparu pour cause de non-emploi, les chasseurs utilisaient massues, arcs et flèches pour traquer sportivement le gibier. Science et technologie n'intéressaient plus personne. Car les machines, elles-mêmes auto-périssables, s'occupaient de tout, planifiaient tout, pourvoyaient à tout.

samedi 7 avril 2012

Recherche du temps perdu (1/2)

Le Jardin d'Eden, Très Riches Heures du duc de BerryL'essor industriel avait atteint son apogée. Les progrès scientifiques, techniques, sociaux, culturels menaçaient de stagner tant ils avaient pénétré loin au cœur de la connaissance. Les secrets de l'univers restaient nombreux, mais non plus innombrables. Les secrets de la vie et de la mort s'étaient en partie dissipés au vent des découvertes biologiques et médicales. La civilisation actuelle, après avoir franchi toutes les étapes du cycle d'évolution, était celle des loisirs et de l'écologie. Ordinateurs et robots avaient depuis longtemps déjà supplanté et remplacé l'homme pour la réalisation des tâches fastidieuses et répétitives, l'organisation des travaux, l'administration et la gestion des ressources, l'orientation et le développement des recherches, la conception et la mise en œuvre des réformes, la création de nouvelles machines toujours plus efficaces, toujours plus dévouées à l'homme. Les usines, les lieux de production, l'industrie et l'agriculture, les transports, les hôpitaux, les cimetières, les restaurants et les hôtels, tout était rationalisé et automatisé.

vendredi 6 avril 2012

Victor Hugo, l'exposition : Les arcs-en-ciel du noir

Victor HugoAvec près de 200 pièces au total, dont plus de 80 dessins de Victor Hugo, l'exposition Les arcs-en-ciel du noir (jusqu'au 19 août, à la Maison de Victor Hugo (Paris, IV)) propose un parcours original : traquer la couleur noire dans l’œuvre graphique et littéraire de l'artiste. Des hauts-parleurs diffusent en continu (dans chaque pièce) des extraits de textes de l'écrivain, des lettres. Sur les murs, dans les vitrines, derrière une lunette, se côtoient dessins, estampes, lettres, manuscrits, citations, livres anciens, divers accessoires (casquette, pommeau de canne, encrier, plumes, robe, pupitre, galets dédicacés...), photographies, affiches, caricatures, correspondance illustrée... Autant de trésors (pour certains, rarement présentés au grand public) exhumés à cette occasion des fonds du musée ! Et si certaines pièces font habituellement partie du fond permanent, accessible gratuitement (comme la judicieuse table à abattant, ou l'exceptionnel « Prenant le frais avec ses sept frères »), d'autres, véritables merveilles, ne prendront leur quartier d'été que pendant les mois à venir, alors profitez-en !

jeudi 5 avril 2012

Moran en session acoustique

Moran en session acoustiqueC'est dans une étroite maison coincée au fond d'une courette arborée dans le quartier de Pigalle que nous rejoignons Moran et ses deux musiciens, Sylvain et Thomas, par une matinée ensoleillée : au mur, la reproduction d'un tableau de Tamara de Lempicka ; derrière la baie vitrée, une table et quelques chaises, un atelier, des plantes. Il souffle comme un air de campagne dans cette vieille bâtisse nichée au pied de la butte Montmartre. On se prendrait presque à rêver que l'on a quitté la France pour le pays natal du beau Canadien, la maisonnette parisienne pour une cabane de berger au milieu des champs. Au programme de cette session acoustique (filmée en 2D et en 3D), presque bucolique : Mammifère, extraite du nouvel album de Moran, Mammifères. De sa voix rauque et profonde, le chanteur cultive l'émotion et la douceur.

mercredi 4 avril 2012

Interview de Lady Linn, une drama queen inspirée

Interview de Lady Linn, une drama queen inspiréeLa session acoustique terminée, nous suivons Lady Linn (une fois n'est pas coutume, sans ses Magnificient Seven !) dans les sous-sols du Duc des Lombards jusqu'à sa loge. C'est là qu'entre deux éclats de rire et dans un français irréprochable, la chanteuse flamande nous parle de son dernier album, No Goodbye At All, sorti le 19 mars 2012, mais aussi de jazz, de Big Bands et de conservatoire, d'amour et de chansons romantiques, de Renaud Letang et de Nina Simone, d'inspiration et de GarageBand, d'Edward Hopper et d'Herman Brusselmans... Interview exclusive de Lady Linn, une drama queen au sourire irrésistible !

mardi 3 avril 2012

Le film Les Adieux à la Reine

Vous ne pouvez plus voir la Révolution française, même en peinture ? Les frasques de Marie-Antoinette vous laissent de marbre (une petite robe par-ci, un coquet Suédois par-là) ? Les histoires de têtes coupées vous filent les jetons ? Taillé sur mesure, le dernier film de Benoît Jacquot (La Fille seule, Sade, Adolphe...), Les Adieux à la Reine, vous réconciliera à coup sûr avec cette période sombre de notre histoire. Sorti en salles le 15 mars 2012 après avoir fait l'ouverture de la Berlinale 2012, ce long métrage surprenant juxtapose avec succès l'effervescence de la prise de la Bastille aux amours croisées et contrariées de trois jolies jeunes femmes : une domestique (Léa Seydoux), une duchesse (Virginie Ledoyen) et... une Reine (Diane Kruger). Coup de projecteurs sur la Bastille des nobles, Versailles !

lundi 2 avril 2012

La cinquième Saison

Arcimboldo, Printemps, 1563Dans Les yeux d'Elsa, Aragon écrit : « Les raisons d'aimer et de vivre varient comme font les saisons ». Des saisons qui sans cesse meurent pour revenir, imperturbables, comme l'amour, éphémère, qui ne disparaît que pour mieux renaître de ses cendres, à la symbolique du printemps où fleurissent les idylles d'un jour, d'un mois ou d'une vie, l'amour a toujours été étroitement lié au passage du temps, et plus précisément, au cycle de saisons. En ces premiers jours de printemps, place donc au poème du jour, La cinquième Saison...

Wallis Bird, l'interview exclusive

Wallis Bird, crédit OeellermannC'est par une belle journée d'hiver que nous rencontrons Wallis Bird, de passage à Paris à l'occasion de la sortie (le 26 mars 2012) de son nouveau disque Wallis Bird. Passionnée et enjouée, rayonnante et désarmante, la jeune artiste nous parle de son album éponyme et de son dernier single Encore ; de bruits qui deviennent musique et d'objets (canapé, sacs en plastique, plumes, chaise...) instruments ; de son jeu de guitare hors-du-commun ; de l'Irlande, son pays natal, de Londres et des émeutes de Brixton, de Berlin, du communiste et de la propagande ; de balance et d'équilibre ; des voyages et du travail ; du latin et d'Ulysse ; des vibrations bienfaitrices de la guitare ; du cadeau qui a changé sa vie, bébé ; de Fukushima et de troisième guerre mondiale ; de fêtes et de famille ; de réalité parallèle et de... piscine. Wallis Bird, l'interview exclusive !

dimanche 1 avril 2012

Le Reflet (2/2)

Le RefletSa marche s'accéléra, devint trot puis course. Il maintint un rythme forcené durant de longues minutes. Son cœur lui déchirait la poitrine à chaque foulée. Ses tempes menaçaient d'éclater. Il regardait droit devant lui, sans un regard vers les magasins. Il arriva enfin à son immeuble, haletant et suffoquant. Au moment d'y pénétrer, il s'aperçut dans l'immense porte vitrée. Son image le toisa quelques instants, devint floue, s'extirpa peu à peu et sortit en le bousculant avec rudesse. Plus par hâte que par brutalité. Frottant son épaule endolorie, l'estomac chaviré, Jacques Reboul grimpa péniblement les escaliers jusqu'au deuxième étage, sortit les clés et ouvrit la porte de son appartement. Il se précipita dans la salle de bains et fut pris de violentes nausées.

 
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