mercredi 29 février 2012

Wallis Bird en session acoustique

Wallis Bird en session acoustiqueAprès Spoons et New Boots, Wallis Bird revient sur la scène internationale avec un troisième album éponyme, qui sortira en France le 26 mars 2012. De passage à Paris, la jeune musicienne irlandaise qui vit aujourd'hui à Londres nous a offert avec son dernier single Encore une magnifique session acoustique (filmée en 2D et en 3D), version guitare-voix (et plancher, pour le rythme !). Impressionnant, émouvant, énergique, sublime... Toute la puissance d'une artiste qui fait corps avec son instrument, et dont la voix, incroyable, vous laisse bouche bée. Écoutez, savourez, respirez... La musique de Wallis Bird est d'une rare intensité.

mardi 28 février 2012

Livres audio, les sorties du moment !

Livres audio, les sorties du moment !Directrice d'Audiolib, Valérie Lévy-Soussan nous parle aujourd'hui des grosses sorties audio prévues pour ce début d'année 2012 : des romans contemporains au classiques de la littérature, en passant par les polars, les documents et les essais, il y en aura pour tout le monde ! Parmi les pépites promises : 24 heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig lu par Marie-Christine Barrault (février 2012) et Steve Jobs de Walter Isaacson lu par Lemmy Constantine (avril 2012). Pour le reste, on vous laisse découvrir l'interview exclusive d'une éditrice-lectrice passionnée !

lundi 27 février 2012

Danser sa vie à Beaubourg

Josephine Baker, La Revue des Revues, 1927Jusqu'au 2 avril 2012, la danse s'invite à Beaubourg pour une exposition inédite, Danser sa vie, Art et Danse de 1900 à nos jours. Avec plus de deux mille mètres carrés consacrés à cet événement hors du commun, le musée parisien rend hommage à la danse en l'inscrivant dans l'art en images, en volumes et en mouvements : peintures, photographies, vidéos, sculptures, coupures de journaux, installations mécaniques, dessins, gravures, objets... Au fil du 20ème siècle, on découvre ainsi comment la danse s'est nourrie des arts plastiques et réciproquement. Échange enrichissant où l'art contemporain succède à l'art moderne, où les grands maîtres comme Matisse, Picasso ou encore Rodin, côtoient les envoûtants battements d'ailes de Loïe Fuller.

dimanche 26 février 2012

Le Monstre (2/2)

Planche anatomique de Leonard de VinciJe suis un monstre. Papa m'a longuement parlé hier soir. Sa rude franchise m'a soulagé et m'a fait mal. Il m'a avoué ignorer combien de temps il me reste à vivre. Car je dépéris dans cette pièce obscure, si noire, si froide. Je n'ai pas les yeux phosphorescents de mes parents, ni leur chaud pelage. Et les mutants ne vivent jamais très vieux. Papa m'a dit aussi que j'effrayais de plus en plus Maman.

samedi 25 février 2012

Le Monstre (1/2)

Foetus, planche de Leonard de VinciJe suis un monstre. Papa et Maman me l'ont assez souvent répété. Surtout Maman, à qui je fais tellement peur qu'elle n'ose même plus m'approcher, ni me regarder. Quelquefois Papa réussit à l'entraîner vers ma chambre, lui bande les yeux et l'oblige à me parler. Je l'écoute alors ardemment, la contemple avec ferveur. Une immense tendresse m'étreint et m'étouffe. Je ne peux que la regarder, pas la toucher ou l'embrasser.

vendredi 24 février 2012

Le Bal des trépassés fait un carton en Sabbat acoustique

Le Bal des trépassés fait un carton en Sabbat acoustiqueCe fut dans un sordide ossuaire de la Butte Ménilmontant que, par un humide après-midi d'hiver, nous assistâmes, trempés jusqu'aux os, à un effroyable spectacle : deux complaintes acoustiques d'outre-tombe (Roméo sans Juliette et Hamster) du... Bal des trépassés.
Nous étions paisiblement occupés à piller quelques carcasses à l'abandon (fémurs décoratifs, crânes d'ornement, vertèbres osselets, cadavres de bouteille...), lorsque nous perçûmes, estomaqués, le raclement sourd d'une pierre tombale. Puis la terre se mit à trembler, quelques clavicules dégringolèrent de monticules poussiéreux, et un affreux grognement déchira le silence sépulcral. D'un bond, la mort dans l'âme, nous nous réfugiâmes derrière un amas d’omoplates. Un cri à vous glacer les sang résonna alors, et nous comprîmes qu'ils arrivaient. Qu'ils approchaient. Que dans quelques minutes, nous verrions la mort de près : ils seraient là, dans la rotonde principale, à quelques mètres seulement de notre abri improvisé. Sans un bruit, tremblants de la tête aux pieds, nous préparâmes à la hâte nos caméras et lorsqu'un à un, les cadavres exquis apparurent dans l'obscurité, nous étions fin prêts à immortaliser la macabre mascarade. Aujourd'hui, c'est la mort aux trousses que nous vous livrons ces images inédites, des séquences choc à vous flanquer la chair de poule... jusqu'à ce que mort s'ensuive.

jeudi 23 février 2012

ToiZéMoi fêtent leur divorce

Visuel ToizéMoi fêtent leur divorce, (c) P. ChantierAprès Le Pitch lors d’une grève générale, les ToiZéMoi fêtent leur divorce. Et pour que cette journée soit mémorable, ils organisent une bringue au Théâtre des Variétés, rien de moins ! Au programme, un mode d'emploi à distribuer dans toutes les mairies : « Comment divorcer en s’amusant ? ». Message spécial de la rédaction aux divortiumphobiques : allez voir la pièce ! C'est le remède à vos craintes, la guérison garantie : dès le lendemain, vous courrez chez l'avocat (ou chez Monsieur le Maire, pour les plus atteints).

mercredi 22 février 2012

Dafuniks : Enter the Sideshow Groove

Dafuniks : Enter the Sideshow GroovePour se faire une petite idée du son Dafuniks, voici la recette de grand-mère du jour (leur album sort aujourd'hui dans les bacs !) : préparez une nappe hip-hop, ajoutez une cuillère de trip hop, baignez le tout dans un mixte motown – une carafe de soul, une autre de pop –, délayez avec un verre de funk en laissant quelques grumeaux façon platine des années 30, saupoudrez la mixture d'une poignée de breakbeats et assaisonnez d'une pincée de samples, laissez mijoter l'ensemble dans une préparation à base de rap et d'électro, puis ajoutez un zeste de scratch, et le tour est joué ! Ça swingue, ça groove, ça balance : l'album de Dafuniks, Enter the Sideshow Groove, s'écoute comme un vieux standard de jazz sur un électrophone poussiéreux, avec émotion.

mardi 21 février 2012

Kavinsky, Nightcall... hard to explain

Kavinsky, NightcallVous ne connaissez pas Kavinsky ? Nightcall ? Moi non plus, jusqu'à ce qu'il y a de cela un mois environ, mon assistante entre dans mon bureau, les oreillettes de son mp3 collées derrière le tragus, et s’approche de moi en me disant, enthousiaste et limite euphorique « Oh faut que t’écoutes ça ! ». Elle retire ses oreillettes et me les tend. Bien que tout de même déjà en train de travailler, je me laisse tenter et accepte l’une de ses oreillettes que j’appose juste sur l’oreille. Là, surprise, je me retrouve dans une autre dimension, mélange de sons électro et de sonorités clairement issues des années 80, une voix transformée au vocoder façon Dark Vador sur un rythme lancinant, une autre, féminine, qui prend la relève et façon ballade électro nous susurre « There something inside you, Its hard to explain, They're talking about you boy, But you're still the same ».

lundi 20 février 2012

Interview de Carole Zalberg : l'émotion à fleur de peau

Interview de Carole Zalberg : l'émotion à fleur de peauA l'occasion de la sortie de son nouveau roman A défaut d'Amérique, Carole Zalberg revient sur la rédaction de son livre, une « période de tension et de jouissance », nous parle de son adaptation au cinéma, mais aussi de fantômes et du poids du passé, d'apnée et d’épopée, de femmes et de fibre maternelle, d’intolérance et d'injustice, d'élan vital et de désarroi. Interview de Carole Zalberg, une jeune romancière à découvrir absolument.

dimanche 19 février 2012

Les Rats (2/2)

Rat huskyLes rats restaient donc les maîtres incontestés, tous leurs rivaux éliminés. Afin d'établir une certaine stabilité démographique, qu'ils devinaient indispensable à leur survie, ils se battaient entre eux, surtout rats noirs contre rats gris. D'immenses armées s'affrontaient en des luttes dantesques sans vainqueurs ni vaincus. L'accroissement des naissances était tel qu'il n'y avait pas d'alternative. Au début de leur suprématie, ils connurent l'abondance et l'âge d'or.

samedi 18 février 2012

Les Rats (1/2)

Un ratDepuis longtemps, les rats étaient maîtres de la Terre. Depuis au moins dix millénaires. Les guerres, les épidémies et la folie des hommes avaient eu finalement raison du genre humain et de nombreuses espèces animales et végétales. Mais les rats, eux, avaient survécu à toutes les catastrophes. Après l'anéantissement de l’homme, leur plus coriace et dangereux ennemi, ils étaient rapidement devenu les nouveaux seigneurs. Leur étonnante prolifération, leur intelligence collective et la disparition de leur principal prédateur avaient contribué à leur essor inexorable.

vendredi 17 février 2012

Carole Zalberg, A défaut d'Amérique

Carole Zalberg, A défaut d'AmériquePassé, présent, avenir : le temps est triple. A son image, le dernier roman de Carole Zalberg, A défaut d'Amérique, s'articule autour de trois générations, de trois guerres (la première guerre mondiale, la seconde, et celle d’Algérie), et de trois continents (l’Europe, l’Amérique, l’Afrique). Sur fond d'exode et de lutte armée, d'intégration et de persécution, d'amour et de sacrifice, d'émancipation et d'héritage familial, des femmes, chacune à leur manière, entrent dans l'histoire, celle de tous les jours, et celle que l'on apprend, petit, sur les bancs de l'école.

jeudi 16 février 2012

Marshmallow en interview : bientôt l'album !

Marshmallow en interviewEn attendant la sortie de leur album au printemps prochain, nous sommes allés à la rencontre des quatre garçons du groupe Marshmallow : Pierre, batteur et choriste ; Fred, chanteur guitariste ; Julien, bassiste ; et Fabien, guitariste et choriste. Enthousiastes, passionnés, les quatre amis nous parlent de leur EP Marshmallow et de la sortie imminente de leur disque, de Téléphone, des Fab four et de musique psychédélique, de la Corrèze et de palmiers, de nuits blanches et d'avions, de belles rencontres, de Batman et de bonne humeur... En 2012, place à la Marshmallowmania !

mercredi 15 février 2012

Underworld 4 : Nouvelle ère

Underworld 4 : Nouvelle èreDans vos fantasmes les plus inavouables, vous abandonnez avec volupté votre gorge palpitante aux canines sanglantes d'un comte Dracula en redingote de velours ? Vous sentez, les nuits de pleine lune, les muscles d'un loup-garou saillir sous votre peau assoupie ? Que vous soyez touché de lycanite aigüe ou de vampirite congénitale, Underworld 4 : Nouvelle ère, le 4ème volet de la saga menée tambour battant par la divine Kate Beckinsale, saura à coup sûr charmer vos pupilles translucides... et en 3D, s'il vous plaît !

mardi 14 février 2012

Watine en session acoustique piano voix

Watine en session acoustique piano voixUn piano acoustique, une voix, celle de Catherine Watine. Troublante, chargée d'émotions, rauque et douce à la fois. Pas de micro. De percussions, de violoncelle, d'instrument électronique. L'enregistrement débute. « Trying to do the right thing ». La musique, à nue, envahit la pièce exigüe comme un chant liturgique la nef d'une église. « So much confusion... ». Le temps s'arrête, suspendu. Trois minutes d'apesanteur, un moment inoubliable : Watine, en session acoustique, chante Trying to.

lundi 13 février 2012

Whitney Houston est morte, vive la reine

Whitney Houston est morte, vive la reineLa malédiction des divas s'arrêtera-t-elle un jour ? 23 juillet 2011 : Amy Whinehouse. 17 décembre 2011 : Cesária Évora. 20 janvier 2012 : Etta James. 11 février 2012 : Whitney Houston. C'est ce week-end que la nouvelle, brutale, est tombée : Whitney Houston est morte. Retrouvée sans vie dans un hôtel de Beverly Hills, la chanteuse, actrice et productrice américaine, à 48 ans, avait vendu plus de 170 millions de disques dans le monde entier. En hommage à sa carrière spectaculaire, embarquons-nous dans la machine à remonter le temps, back in the eighties. En 1985, une bonne décennie avant les années noires, celles de la drogue, de l'alcool, de la violence et des drames familiaux, la jeune Whitney sortait son premier album...

dimanche 12 février 2012

Mort, où est ta frontière ? (2/2)

2008 ???

Nuages dans le cielJe suis certainement au summum de ma vitalité d'adulte car le temps ne m'impose plus sa mesure et ses règles : désormais je ne citerai pas de date précise. Je consacre l'essentiel de mes activités à errer. Mon esprit connaît par cœur mon royaume, j'aime l’harmonie de ces immensités désertes et plates, la riche palette de couleurs qui s'étalent du noir d'ébène au blanc le plus pur, en nuançant toute la gamme des gris. J'aime ce ciel toujours sombre où les nuages crémeux promènent nonchalamment leur majesté de coton, où les astres lointains éclatent en poussière d'argent. 
J'aime ma solitude, puisque mon esprit l'aime.

samedi 11 février 2012

Mort, où est ta frontière ? (1/2)

LUNDI 9 AVRIL 2001.

Mort, où est ta frontière ?Je souffre. Une agonie de feu et de plaies, une caverne de douleurs ou s'engouffrent a la hâte mes gémissements de révolte. Mes os sont méticuleusement malaxés, puis brisés un à un. Mes muscles et mes nerfs sont étirés jusqu'à l'arrachement. Mon crâne n'arrive pas à desserrer l'étau qui le broie. Une chaleur d'enfer, je brûle comme fétu de paille. La fièvre qui me ronge harcèle mes hallucinations. J'ai soif. Je ne peux bouger aucun de mes membres. Dès que je pourrai me lever, j'irai consulter mon toubib. En moto, j'y serai vite. 

vendredi 10 février 2012

Livres audio : des livres à écouter pour le plaisir

Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuitC'est rue de Fleurus, dans les locaux d'Audiolib, que nous rencontrons sa directrice, Valérie Lévy-Soussan. Passionnée par son projet, elle nous parle du succès d'Audiolib – qui publie près de 50 livres audio par an –, de la diversité de son public, de l'expérience inédite de cette autre forme de lecture, du marché du livre audio en France et à l'étranger, de l'élaboration des livres à écouter (du choix des voix à l'enregistrement en studio), de sa collaboration avec les maisons d'édition papier, et bien sûr, du plaisir que l'on a à redécouvrir un texte autrement. Plaisir oublié que nosrous ancêtres savouraient en famille ; plaisir que l'on a connu, enfant, en écoutant les contes de Grimm que racontait notre grand-mère avant d'éteindre la lumière ; plaisir qui revient enfin sur toutes les bouches et dans toutes les oreilles à l'ère du numérique, qui ravive la tradition orale en multipliant les supports de lecture (smartphones, baladeurs mp3, ordinateurs, tablettes...).

jeudi 9 février 2012

Marshmallow en session acoustique

Marshmallow en session acoustiqueC'est par une fin de matinée glaciale de février que nous retrouvons à Paris les 4 musiciens du groupe Marshmallow. Percussions, basse, guitares, voix : la formation est au complet. Au programme de cette session acoustique (filmée en 2D et en 3D) : A l'heure d'été. Vous aimez la pop anglo-saxonne ? les mélodies des années 60 aux chœurs décomplexés ? le rock français ? Branchez votre ampli et écoutez les Marshmallow en session acoustique !  

mercredi 8 février 2012

Le Bal des Vierges ténébreuses

Les Vierges ténébreusesVous aimez la littérature gothique, le Comte Dracula, le Moine défroqué de Lewis et l'impitoyable Carmilla ? Les Hauts de Hurlevent vous glacent les sangs et pourtant, vous l'avez déjà lu trois fois ? Frankenstein vous fascine ? L'Angleterre victorienne vous attire irrésistiblement ? Les histoires de fantômes vous ravissent ? Les monstres en tout genre (vampires, loups-garous, stryges, bacchantes...) guident vos lectures ? Le Bal des Vierges ténébreuses, qui se tiendra le 17 Mars dans les Caves Saint Sabin, vous attend... déguisés.

La chanteuse Bebe parle de Rocanrol

La chanteuse Bebe parle de RocanrolAprès Pafuera Telarañas (dont les titres Malo, Siempre Me Quedará ou encore Siete Horas ont allègrement franchi les frontières de l'Espagne) et Y., la chanteuse Bebe revient avec un troisième album à l'énergie communicative, Un Pokito de Rocanrol. En attendant sa sortie (prévue en France le 5 mars 2012), la musicienne espagnole nous reçoit, tout sourire, dans les locaux d'EMI Music, pour nous parler de ce disque à l'esprit résolument rock 'n' roll, de son nouveau single K.I.E.R.E.M.E, mais aussi d’humour noir et d'énergie positive, du temps qui guérit tout, d'amour et de chandelle... Interview exclusive d'une artiste audacieuse dont la liberté fait rêver, la musique danser jusqu'au petit matin et le regard, frissonner jusque tard dans la nuit.

mardi 7 février 2012

Les Pilobolus à Paris dans Shadowland

Les Pilobolus à Paris dans Shadowland, (c)Les PilobolusComposée de danseurs, acrobates, contorsionnistes, gymnastes, la compagnie des Pilopolus, créée en 1971 par 4 danseurs et basée dans le Connecticut (USA), s’appuie sur la technique du corps-corps, qui met les corps à rude épreuve dans l’expression d’une figure, d’un symbole. Le corps, dans son intégralité ou sa particularité est utilisé, exploité, exploré comme un moyen, un outil pour exprimer une image, une vision… Les Pilobolus à Paris, dans Shadowland : c'est au mois de mars aux Folies Bergères !

lundi 6 février 2012

Interview de Watine : le piano enchanté

Interview de Watine : le piano enchantéAu lendemain de la sortie de Connected Queen, le nouveau single extrait de son dernier album Still Grounds for love, Watine nous ouvre les portes de son univers merveilleux, entre amour et passion, cordes et bruits organiques, William Blake et Ravel, musique celte et électro, Velvet Underground et Chet Baker, chevauchées fantastiques et sinusoïdes, Terre et Destin... Interview de Watine, une artiste aux mille talents.

dimanche 5 février 2012

Tours, détours et retour (2/2)

- 70 -

Schiele, 191070 ans ! Ma compagne, mon amour, vient de me quitter. Définitivement. Elle m’a joué le mauvais tour de partir avant moi. Je suis seul, face à mon désespoir et mes souvenirs. Mes enfants sont loin et puis ils ont leur vie. Leur vie qui ne peut interférer avec la mienne, car nous ne nous comprenons pas. Je ne les comprends plus.

samedi 4 février 2012

Tours, détours et retour (1/2)

- 90 -

Tours, détours et retourEh oui ! 90 ans ! Un âge vénérable, non ? Vingt ans maintenant que je suis reclus dans cette maison de retraite. C’est un peu ma maison, car je connais à peu près tout le monde, du personnel soignant à mes autres compagnons de vieillesse. Ma principale distraction, c’est l’arrivée de nouveaux pensionnaires. Leur gêne, leur tentative d’isolement, leurs regards furtifs m’amusent. De moins en moins d’ailleurs. Moi non plus je n’étais pas fier lorsque je suis venu dans cette résidence, il y a vingt ans. Dernier logis avant l ‘éternité ! L’ultime escale avant… Avant quoi ?

vendredi 3 février 2012

Magritte, le principe de plaisir

Palais Albertina, VienneLa neige autrichienne vous glace ? Un petit tour à Vienne, au palais Albertina où se tient jusqu'au 26 février 2012 la rétrospective Magritte, le principe de plaisir, et il n'y paraîtra plus ! A 2 heures de Paris (comptons 1h30 de vol sur Flying Nikki et 30 minutes entre la récupération des bagages et la ligne S7 direction Wien Mitte), nous voilà rendus dans le centre ville de la capitale, non loin d’Hofburg, les quartiers de l’impératrice préférée des Français. A quelques dizaines de mètres de là, se dessine l’escalier principal du palais Albertina, qui a revêtu pour l’occasion la partie basse de la célèbre toile de Monet, Les Nymphéas. On imagine le tableau, découpé en bandes égales et recouvrant les tranches des marches. De loin, fantastique et étonnant trompe-l’œil. Les visiteurs, qu’ils descendent ou montent l’escalier, donnent l’impression de glisser sur un pan vertical.

Pour ouvrir la boîte de Pandore, c'est ici...
Le saviez-vous ? Le saviez-vous ? L'Albertina renferme l'une des plus importante collection d'estampes et de dessins du monde : Rubens, Dürer, Rembrandt, Michel-Ange, Schiele, Raphaël, Modigliani, Cézanne, Klimt, Léonard de Vinci...

Magritte, le principe de plaisir... avant, le plaisir

Monet, La Maison dans les roses, Albertina, VienneAprès un bref passage par la « galerie des glaces » où se reflètent des bronzes de singes humanisés, par la collection Forberg avec des œuvres allant de Fernand Léger à Otto Mueller, et par la collection permanente accueillant quelques œuvres de Picasso, Modigliani, Chagall, Klee et Monet, j’accède au dernier étage de ce palais, restauré en 2003 et qui a retrouvé son faste d’origine avec ses pièces d’apparat aux précieux mobiliers style Empire, aux splendides lustres étincelants, aux dorures et autres pâtisseries murales, aux tentures de soie chatoyantes, et aux sols somptueusement marquetés…
Là, m’attend l’une des expos les plus tendances du moment : Magritte, le principe de plaisir. Pour être tout à fait honnête, je ne suis pas une adepte du surréalisme et encore moins des œuvres de Magritte que je trouve trop faciles de sens, sans intérêt particulier et qui en plus n’évoquent rien chez moi. Quand en plus, je me retrouve dans cette expo après m’être levée à 5h du matin, avoir pris l’avion, les transports, le tout avec deux sacs à dos de trekking made in Quechua, retrouvé ma location d’appartement dans le Landstrasse, mangé vite fait les sandwichs de l’avion sur le quai du métro, je n’ai guère d’espoir quant à mon appréciation finale…

Otto Mueller, Zwei Akte im Freien, 1918-1923, Albertina, Vienne

Et l’a priori est tenace, les préjugés pugnaces. Comme je viens de le préciser, je faisais bien partie de ceux qui considéraient que l’œuvre de Magritte était dénuée d’intérêt et surtout pas très variée, entre tous ces bonhommes aux chapeaux melons, toutes ces pommes aux multiples visages, ces naïfs nuages colombes moutonneux, et toutes ces pipes qui n’en sont pas (genre l’habit ne fait pas le moine, faut pas croire tout ce qu’on dit et tout ce qu’on voit, ce qu’on voit n’est pas nécessairement la vérité et le vrai, etc., etc.). J’ai envie de dire : « Oui et, what else ? ».

Magritte, le principe de plaisir : de Dali à Lynch

Mais tout cela c’était avant que je ne pénètre à proprement parler dans l’exposition consacrée au peintre, Magritte, le principe de plaisir. Avant que je ne m’enfonce malgré moi dans un monde pas si suranné, pas si naïf, et plus profond que je ne le pensais. Des corps décapités et ensanglantés dès la première salle, des toiles qui déjà mettent mal à l’aise. Alors certes, il y a bien les œuvres qui ont rendu l’artiste célèbre, et ces œuvres que l’on voit partout (un peu comme Klimt et son Baiser) tels que Le Fils de l’Homme, La Trahison des Images (avec le fameux Ceci n’est pas une pipe), Golconde, Le beau monde, Les marches de l’été, Le Prêtre Marie, L’Homme au Chapeau, Décalcomanie, Le Viol… Mais il y a également d’autres œuvres plus méconnues (même si les amateurs du peintre me contrediront certainement), comme Modèle Rouge, Les Amants, La Philosophie dans le boudoir, L’Homme du Large, Le Domaine Enchanté, Le Tombeau des lutteurs, L’Art de La Conversation, L’Assassin menacé, œuvres qui se distinguent des précédentes (à mon goût, bien sûr) par leur côté obscur, sombre, déjanté, surréaliste, version Magritte Versus Dali. Et c’est en cela que j’ai été agréablement surprise par l'exposition Magritte, le principe de plaisir qui, malgré tout, rassemble plus de 150 œuvres provenant du monde entier, affiches, photos et toiles : j’y ai trouvé deux dénominateurs communs qui ne me sont pas dénués d’intérêt : Salvador Dali et David Lynch.

René Magritte, L assasin menacé, 1927 - New York, The Museum of Modern Art © Charly HERSCOVICI Brüssel - 2011 © VBK Wien, 2011

Magritte, le principe de plaisir au-delà du réel

Des aspirations communes (n’oublions pas que Dali et Magritte sont tous deux des surréalistes qui puisent leur inspiration dans le monde des rêves et même au-delà) et des thèmes récurrents comme le passage du temps, la vie, la mort, la rupture, l’absurdité de notre cheminement sur terre, la révélation… Questions métaphysiques auxquelles on est certes continuellement et constamment renvoyées, mais qui s’imposent ici avec clarté, évidence, concision, et paraissent tellement parlantes et criantes de vérité ! La Mémoire, Le Libérateur, Les promenades d’Euclide, Le Temps Menaçant sont autant de toiles évocatrices de toutes ces questions et de ces fatalités qui, brusquement, transpirent en un coup de pinceau magistral. On retrouve également les thèmes chers au réalisateur David Lynch (qui du coup apparaît davantage comme un surréaliste post Magritte dont il a pu s’inspirer) : la porte, ce passage entre le réel et l’imaginaire, voyage initiatique entre le domaine des vivants et celui des morts, le monde du rêve et de l’inconscient, un monde aux frontières du réel, un monde d’illusions et de mystères, de secrets et d’hallucinations, un monde sans queue ni tête dans tous les sens du terme.

René Magritte, Le noctambule, 1928 - Essen, Museum Folkwang © Charly HERSCOVICI Brüssel - 2011© VBK Wien, 2011

En images, présentation de l'exposition Magritte, le principe de plaisir à l'Albertina :


Magritte, le principe de plaisir au-delà de la pipe

Je traverse les salles, sans cesse étonnée par les toiles jusqu'alors inconnues pour moi, en me demandant bien où j’étais passée lors des rares cours d’éducation artistique à l’école… A l’écart, dans une des pièces de l’exposition Magritte, le principe de plaisir, je suis intriguée par la présence d’une alcôve, fermée de chaque côté par des rideaux de fils, et qui ne renferme rien d’autre qu’une petite collection d’œuvres coquines, franchement érotiques pour ne pas être plus explicite. Là aussi, bien que je n’adhère pas artistiquement à ce que je vois, je suis une nouvelle fois stupéfaite. Magritte n’est donc plus pour moi l’homme guindé à la pomme, au chapeau melon et à la pipe, fade et insignifiant, qui croit donner un sens à ce qui n’en n’a pas. Non, on l’aura compris, j’ai été agréablement surprise de découvrir un artiste dont j’étais à mille lieux de soupçonner la créativité, la subtilité et la profondeur, de découvrir une variété de toiles, pour la plupart plus barrées et déjantées les unes que les autres, de découvrir une collection riche, de par la quantité d’œuvres exposées et de par sa qualité (même si c’est clair, les affiches de pipes, de bidets et autres objets du quotidien qu’il détourne, me rebutent toujours). Alors pour ceux que ça intéresse – ou qui veulent voir des gens tomber de l’escalier du palais –, ça se passe en ce moment et jusqu’au 26 février au palais Albertina de Vienne.

René Magritte, Les Amants, 1928 - New York, The Museum of Modern Art. Gift of Richard S. Zeisler © Charly HERSCOVICI Brüssel - 2011 © VBK Wien, 2011

Auteur : Karine Morel

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Informations pratiques :
Exposition Magritte, le principe de plaisir :
Dates : jusqu'au 26 février 2012
Adresse : Palais Albertina, Platz 1, 1010 Vienne
Horaires : tous les jours de 10h à 18h, nocturnes le mercredi jusqu’à 21h
Tarifs : entrée 11 €, étudiants 8 €, gratuit pour les moins de 19 ans

Crédit photos :
René Magritte : Der bedrohte Mörder/L'assasin menacé, 1927 (New York, The Museum of Modern Art © Charly HERSCOVICI Brüssel - 2011 © VBK Wien, 2011)
René Magritte : Der Nachtschwärmer/Le noctambule, 1928 (Essen, Museum Folkwang © Charly HERSCOVICI Brüssel - 2011© VBK Wien, 2011)
René Magritte : Die Liebenden/Les Amants, 1928 (New York, The Museum of Modern Art. Gift of Richard S. Zeisler © Charly HERSCOVICI Brüssel - 2011 © VBK Wien, 2011)


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René Magritte : pour tout savoir
Magritte, Vienne, de David Sylvester, Actes Sud, juin 2009, 440 pages.
Voir tous les produits (Livres, Catalogues, etc.) autour de René Magritte.
René Magritte : l'essentiel
René Magritte, 1898-1967, de Marcel Paquet et René Magritte, Taschen, avril 2000, 96 pages.
Voir tous les produits (Livres, Catalogues, etc.) autour de René Magritte.

jeudi 2 février 2012

Interview d'Amélie Nothomb : Le Pont Juliette

Interview d'Amélie Nothomb : Le Pont Juliette« Je crée un nouveau pont de Paris, le Pont Juliette, ce pont est mon corps, ma foi, mon amour. » : Le Pont Juliette est une déclaration d'amour. Poétique, déchirante. La déclaration d'une artiste à son idole, d'une femme à une diva, d'une poétesse à sa Muse. D'Amélie Nothomb à Juliette Gréco. Ça se traverse et c'est beau, le dernier album de la chanteuse qui « a des millions dans la gorge : des millions de poèmes qui ne sont pas encore écrits, dont on écrira quelques-uns » (Jean-Paul Sartre), aura donné naissance au seul pont parisien sous lequel l'eau n'est pas prête de couler. Amélie Nothomb nous raconte comment elle a construit ce pont, le Pont Juliette...

mercredi 1 février 2012

Juliette Gréco, sous les ponts de Paris

Juliette Gréco, sous les ponts de ParisSavant mélange de Belles Lettres et de musique symphonique, le nouvel album de Juliette Gréco, Ça se traverse et c'est beau, rend hommage aux ponts de Paris, ces structures de pierre, de métal et de bois qui, jetés sur la Seine, font de la capitale française l'une des belles villes du monde. Avec comme capitaine de bord la mythique interprète de Paris canaille, Sous le ciel de Paris ou encore Bonjour Paris, cette insolite croisière musicale s'annonce sous les meilleurs auspices !

 
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