vendredi 1 avril 2016

Interview de Luisa Gallerini, l'aventurière des Lettres

Vous aimez l’Aventure avec un grand A ? les Dieux égyptiens ? les sagas historiques ? les histoires d’Amour toujours avec un grand A, mais pas tout à fait comme les autres ? les énigmes à décrypter ? les chasses au trésor ? les voyages à l’autre bout du monde ? la magie et les miracles ? les paradoxes scientifiques ? Avec La Momie de Pâques, soyez prêts à vivre, vous aussi, LA grande aventure romanesque du printemps 2016 ! A l’occasion de la sortie de son premier roman, rencontre avec Luisa Gallerini, une auteure à suivre.

vendredi 26 février 2016

La Reine de beauté de Leenane au Festival d’Avignon

La Reine de Beauté de Leenane, (c) Michael DonioEn avant-première du Festival d'Avignon, c’est au Petit Théâtre Odyssée à Levallois que s’est jouée en février dernier La Reine de beauté de Leenane, la comédie noire qui a rendu célèbre Martin McDonagh. Dérangeante tant par la crudité de son réalisme que par la cruauté de ses dialogues, cette satire sociale et familiale prend racine dans les profondeurs insondables de l’Irlande rurale. Avec une belle distribution (Catherine Salviat de la Comédie-Française, Sophie Parel sur les planches et à la mise en scène, ou encore Grégori Baquet, Molière de la Révélation Masculine en 2014), ce mythe d’Œdipe revisité s’inscrit dans le style barbare des contes de fées de notre enfance où les fées, à bien y regarder, ont tous les attributs de l’ogresse.

Pour ouvrir la boîte de Pandore, c'est ici...
Le saviez-vous ? Sophie Parel a joué dans de nombreuses pièces de théâtre, parmi lesquelles : L’Avare de Molière au Théâtre de la Porte Saint-Martin, L’affaire Edouard de Feydeau, Plume d’Henri Michaux mis en scène par Fabrice Eberhardt, La peau d’Elisa de Carole Frechette, Cendrillon au Théâtre Comédia ou encore La Demande en mariage et L’Ours de Tchekhov qu’elle a mis en scène.

Sous le ciel noir de l’Irlande bucolique

« - Ben vous avez qu’à r’garder par la fenêtre, pis vous la verrez l’Irlande. Et ça va pas êt’ long à vous gonfler. « Tiens un veau ». » (Rey)

C’est dans le Connemara, mais pas au bord d’un quelconque lac, que nous retrouvons les antihéros de La Reine de beauté de Leenane. Arrimés à leur patelin irlandais comme autant de moules à leur rocher, ils naissent à Leenane, y poussent comme des mauvaises herbes et y cassent leur pipe comme des chiens. 
Sur cette terre hostile où vent et pluie sont copains comme cochons, tout le monde se connaît. Les rumeurs vont bon train et les rancœurs sont tenaces. On est prêt à s’étriper entre voisins pour une balle de jokari ou à trahir sa famille pour une émission télévisée. Et si l’on déploie des trésors de violence verbale, c’est pour ne pas étouffer la gueule ouverte, mourir d’impuissance, de lassitude ou de désespoir.
Mise en scène par Sophie Parel, la pièce se déroule en huis clos dans un espace confiné, la cuisine rudimentaire d’une bicoque de campagne. Sombre, sale, dépouillée et exiguë, elle n’a rien d’une cage dorée mais tout d’une prison. Sur une table en formica des années 50, on mange, on boit, invariablement la même chose. Sur un fauteuil roulant, on regarde les séries télé. La vieille radio ne parvient pas à combler le silence en crachotant. Le lourd tisonnier ne fascine que par les macabres possibilités qu’il offre. Même par la fenêtre, il n’y a rien à voir ; les champs, comme le néant, s’étendent à l’infini.

Des personnages hauts en couleur qui ne broient que du noir

« Je suis sûre que tu mourras jamais, tu tiendras l’coup rien qu’pour m’pourrir l’existence » (Maureen à sa mère)

La maîtresse de maison (fabuleusement incarnée par Catherine Salviat) est une doyenne bourrée de qualités : paresseuse (impotente?), possessive, hystérique, tyrannique, vieille, crasseuse, maniaque, aigrie, mauvaise comme une teigne, manipulatrice, pleurnicheuse, égoïste, siphonnée… Bref, parfaitement recommandable.
Et comme les chats font rarement des chiens, sa fille Maureen n’est pas en reste : lunatique, maussade, pas finaude pour deux sous, agressive à tendance franchement marteau, nuisible, malveillante… Etouffée par sa mère pendant près de quarante ans, elle cultive en prime une misère sexuelle et sentimentale digne du dernier des laiderons, sans le physique qui va avec. Car Maureen (remarquablement interprétée par Sophie Parel) est un joli brin de fille aux jambes bien fuselées et aux minijupes bien courtes, capable de faire perdre la caboche à plus d’un cul-terreux. Rêvant de liberté (ah l’Amérique !) et d’amour, elle évolue avec la nonchalance d’une éternelle adolescente. Aux antipodes d’une mère Teresa (comprenez la bonne fille qui sacrifie sa vie pour le reste de la fratrie), elle n’attend plus la moindre reconnaissance depuis bien longtemps, et ne cesse de souhaiter la mort de sa mère ingrate.
La Reine de Beauté de Leenane, (c) Anne Hérold
Côté testostérone, enfin, deux dignes représentants de la gente masculine se disputent la vedette : l’idiot du village, Rey Dooley (joué par Arnaud Dupont, plus vrai que nature), et son fréro Pato Dooley (très justement interprété par Grégori Baquet), le bellâtre du coin. Comme tout benêt congénital qui se respecte, Rey est aussi ahuri que vil, manipulable, cradoque, susceptible et violent. L’inverse de son frère, en somme, sauf peut-être du côté de la cervelle. Car si on ne saisit pas bien l’usage que Pato fait de cette dernière, on comprend vite qu’il agit par facilité, et se laisse mener là où le vent l’emporte. 

Une comédie noire qui jette un blanc

Tantôt victime, tantôt bourreau, mère et fille se disputent jour après jour, se mentent, s’insultent, se torturent à petit (ou grand) feu pour mieux se détruire. En vain. Ces deux-là ont la peau dure des sales bêtes qui vivent d'autant plus longtemps qu'on souhaite ardemment leur mort. Nourries aux querelles intestines, au porridge à grumeaux, aux biscuits indigestes, aux sales coups bilatéraux et aux délicates humiliations quotidiennes, elles ne connaissent qu’un seul mode de communication, le conflit ouvert, et partagent le même loisir de prédilection, la solitude à deux.
Jusqu’à ce que subitement, l’équilibre précaire du duo infernal bascule. De passage au village, Pato invite Maureen à une soirée. Branle-bas de combat : la jeune femme endosse la panoplie de la parfaite Barbie et sans trop de peine, attire sa proie dans ses filets, au nez et à la barbe de son chameau de marâtre qui se met à voir rouge. Dorénavant, la vieille n’a plus qu’un objectif : couper court aux aventures de sa dépravée de fille pour la garder à sa botte. Quant à cette dernière, elle joue son va-tout : Pato, c’est un peu sa dernière chance. Qui malheureusement, va rapidement se transformer en dernière cigarette du condamné, à la fois délicieuse et amère. Car tandis que Maureen rêve de prendre son envol (et du même coup, de filer fissa au septième ciel), Mag rêve de lui briser ses ailes au décollage. 
Entre haines farouches et rancunes familiales, frustrations et ressentiments, il y a peu de place, dans La Reine de beauté de Leenane, pour la beauté bien sûr, mais aussi pour l’amour, la tendresse ou toute forme, même rudimentaire, d’attachement. Le seul indice en ce sens pourrait être la présence récurrente de Maureen chez Mag, mais ce serait supposer que le plaisir de faire souffrir l’autre est moindre que le désagrément d’être là. Et ce serait aussi supposer que l’ennui d’être à deux est moindre que celui d’être seul.

Focus sur Martin McDonagh

Ce n’est sans doute pas par hasard que La Reine de beauté de Leenane se déroule en Irlande : si Martin McDonagh est né à Londres il y a plus de 40 ans, ses parents sont irlandais. Auteur de théâtre, cinéaste et réalisateur (Bons Baisers de Bruges, primé au Festival du film Sundance), il est aujourd’hui reconnu dans le monde entier. Premier volet d’une trilogie sobrement intitulée La Trilogie de Leenane, La Reine de beauté de Leenane (écrite en 1996, elle est traduite en français par Gildas Bourdet) le propulse sur le devant de la scène. Il connaît avec elle son premier succès international, d’abord en Irlande, en Angleterre puis au-delà du Royaume-Uni en raflant notamment Le London Critics Circle Theatre Awards du Dramaturge le plus prometteur, ainsi qu’une nomination aux Tony Awards.

Auteur : Cécile Duclos

Copyright Photo : Arnaud Dupont, Michael Donio et Anne Hérold

Informations pratiques :
La Reine de beauté de Leenane au Théâtre Essaïon-Avignon
Une pièce écrite par Martin McDonagh
Mise en scène : Sophie Parel
Avec : Catherine Salviat, Sophie Parel, Grégori Baquet et Arnaud Dupont
Dates : Du 7 au 30 juillet 2016 à 14h 20, dans le cadre du Festival d'Avignon
Adresse : Théâtre Essaïon (2 Place des Carmes, 84000 Avignon)

jeudi 19 novembre 2015

Interview de Sarah Doraghi, du rire au bonheur de vivre

Interview de Sarah Doraghi, du rire au bonheur de vivreA l’occasion de son spectacle Je change de file, un « One Woman Show » hilarant qui se joue en ce moment-même à la Comédie des boulevards (dépêchez-vous, c’est jusqu’à fin décembre !), nous retrouvons Sarah Doraghi dans un bistro parisien. Les terribles événements du 13 novembre dernier n’ont pas encore eu lieu, et dans la douceur d’un automne tout juste naissant, l’air semble empreint de liberté et de légèreté. Entre deux éclats de rire, la talentueuse humoriste nous parle de l'Iran, de la France et de la Basse Patagonie, d'ardoise magique et de vrais passeports, d’Einstein et de Mamad le canard immigré, de rencontres qui changent une vie et de peur panique, d'intégration et des bras d'Agnès Jaoui, de Muriel Robin et d’injustice, d’eau plate et d’eau gazeuse, d'autodérision et de racisme, de Romain Gary et de livres qui font rire et pleurer à la fois, de partage et de bienveillance… Interview exclusive de Sarah Doraghi, du rire au bonheur de vivre.

mardi 10 novembre 2015

Sarah Doraghi, du sourire au rire ravageur

Sarah Doraghi à la Comédie des BoulevardsVotre paternel est au bout du rouleau depuis que votre mère est à la retraite ? Votre amie a le moral dans les chaussettes depuis que sa paire de Louboutin a passé l’arme à gauche ? Vous-même n’êtes pas au mieux de votre forme depuis que votre cher et tendre a décidé de pratiquer la pêche à la mouche tous les dimanches ?
Stop, nous avons LA SOLUTION : filez daredare au théâtre voir Sarah Doraghi dans Je change de file (vous, votre amie, votre père et votre mère aussi). On s’y bidonne comme des tourtes pour pas un radis (20 € pour une telle déferlante de bonne humeur, c’est presque indécent). L’humoriste assure comme une bête (de compétition ou curieuse, au choix ; mais inutile, ici, de chercher la petite, c’est peine perdue). Le texte est à la fois fin (cela mérite d’être souligné), drôle et incisif. Bref, que demander de plus ? Ah oui, une place avant Noël car le 26 décembre, c’est la dernière. Allez hop, à vous de jouer !

mardi 21 juillet 2015

Fred le Chevalier, poète citadin des temps modernes

Le street art est-il en passe de devenir le mode d'expression privilégié des artistes de demain ? À en croire les murs de Paris, New York, Berlin, Londres, São Paulo ou Los Angeles, la réponse, affirmative, ne fait pas l'ombre d'un doute. On se prend alors à rêver... Nos villes se transforment-elles, jour après jour, en un tentaculaire musée éphémère à ciel ouvert ? Un musée où liberté rime avec gratuité et illégalité ? Un musée où les expositions tournent à la vitesse du vent, de la pluie et des urbanistes ?
En France, l'une des figures phare de ce mouvement en plein essor porte le doux nom de Fred le Chevalier. Sans relâche, cet incontournable acteur de la vie parisienne dessine, découpe, imprime et colle ses personnages de papier là où souvent, les circonstances le mènent. Portrait de Fred le Chevalier, poète citadin des temps modernes.

mercredi 26 mars 2014

Edward Barrow en concert au Nouveau Casino

Edward Barrow en concert au Nouveau Casino Toutes les photos d'Edward Barrow en concert au Nouveau Casino ! En déployant un univers à la fois sombre et mélodique, Edward Barrow rend un hommage vibrant au cabaret berlinois des années 30, entre deux envolées lyriques dans la plus pure tradition de Freddie Mercury.

C'était le 12 novembre 2013...

vendredi 15 novembre 2013

Kadebostany en concert au Nouveau Casino

Kadebostany en concert au Nouveau CasinoToutes les photos de Kadebostany en concert au Nouveau Casino !
C'était le 12 novembre 2013...






lundi 21 octobre 2013

Goya et la modernité à la Pinacothèque

Goya, la Folie de la PeurVous ne craignez ni les figures grimaçantes d'êtres démoniaques, ni les créatures hybrides mi-hommes mi-animaux, ni les mises en scène morbides baignant dans un romantisme d'un noir d'encre ? Jusqu'au 16 mars 2014, l'exposition Goya et la modernité, à la Pinacothèque de Paris, dévoile l'âme sombre et tourmentée du célèbre artiste espagnol, entre eaux-fortes cauchemardesques et peintures flamboyantes. Un voyage au cœur de l'humanité, entre rêves et actes barbares, religion, prostitution et éducation, mariage, folies et caprices, guerre, jeux d'enfants et tauromachie... Âmes sensibles s'abstenir !

jeudi 18 juillet 2013

Syrano, ...je touche : un album qui fait mouche

Syrano, ...je touche : un album qui fait moucheRejeton hyperactif du rap, du hip-hop et de la chanson française (à texte, s'entend), Syrano revient cet été (déjà, oui oui) avec un nouvel album sobrement intitulé ...je touche. Dans les bacs depuis le 21 juin dernier (une raison de plus pour faire la fête !), il donne l'occasion à l'auteur-compositeur-interprète-illustrateur (accessoirement jongleur de rimes) de réinvestir la scène française pour le plus grand bonheur de ses fans. C'est certain, le dernier de Syrano, ...je touche, réserve bien des surprises. Dont une taille... à découvrir dans notre chronique du jour !

jeudi 4 juillet 2013

Interview de June & Lula : Yellow Leaves, l'album de l'automne-été

Interview de June & Lula : Yellow Leaves, l'album de l'automne-été Après Sixteen Times (2009), un premier album coup de cœur aux harmonies vocales ensorcelantes, empreintes de vieux blues écorchés et de comptines folk douces-amères, June & Lula reviennent dans les bacs (et sur scène) avec un nouvel opus, Yellow Leaves (sorti le 27 mai 2013). A l'occasion de cet événement très attendu, les deux jeunes femmes nous livrent les secrets de leur second disque – une histoire de tapis de feuilles jaune givrées, de swing, d'électricité et de musiciens, de morceaux de vie, d'harmonies humaine et vocale, d'appartement refuge... – et nous parlent de chants bulgares, de sexisme et de féminisme, de violences faites aux hommes et aux animaux, de discriminations et de liberté, de vaches soumises, de loups humanistes et de cochons révolutionnaires... Et ? La suite dans notre interview exclusive de June & Lula.

mardi 11 juin 2013

Interview de Kadebostany, de la fanfare à l'hymne

Interview de Kadebostany, de la fanfare à l'hymneLa nouvelle destination à la mode ? La Kadebostany ! Un pays où il fait bon lézarder à l'ombre d'un piano, caracoler au cœur d'une fanfare de cuivres et de percussions, dîner au rythme d'un rap rocailleux, d'une soul langoureuse, d'un hip-hop endiablé mâtiné d'électro... Ah ! une terre Sainte s'il en est, que ne renieraient ni Amy Whinehouse ni les Fugees tant le climat y est doux... et électrique. En dignes représentants d'une nation en plein essor, Kadebostan et Amina nous révèlent leurs projets les plus fous : étendre les frontières de leur patrie adorée pour conquérir le monde à coup de trombones et de roulements de tambours. Une utopie, vous croyez ? Nous, nous n'en sommes pas si sûrs...

 
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